Du jamais vu en 30 ans de conférences africaines sur le sida. Plusieurs associations françaises (Act Up-Paris, Aides, le Crips, Sidaction, Coalition Plus, Le Planning familial) ainsi que l’association marocaine de lutte contre le sida (ALCS) et le collectif Africagay annoncent dans un communiqué commun qu’elles ne se rendront pas à la prochaine ICASA (International Conference on Aids ans STI’s in Africa) qui doit se tenir du 29 novembre au 4 décembre prochain. C’est le pays choisi par l’organisateur, la Society for AIDS in Africa (SAA), qui pose problème: le Zimbabwe, dont le président, Robert Mugabe (91 ans), a multiplié les déclarations homophobes. Pour les signataires du communiqué reçu le 11 juillet, la SAA a fait « un choix obscur et incohérent ».

Initialement, l’ICASA était initialement prévue pour se tenir en Tunisie, mais la SAA a annoncé le 23 juin dernier que le pays choisi serait le Zimbabwe. Les associations rappellent que Robert Mugabe a eu « des propos anti-gay d’une rare violence » et elles pointent des problèmes de sécurité pour les activistes de la lutte contre le sida ainsi que des problèmes d’organisation.

En 2008, à Dakar, neuf militants de AIDES Sénégal avaient été arrêtés et emprisonnés à l’issue de la conférence ICASA qui avait mis en lumière l’engagement des gays dans la lutte contre le sida.

Les associations ont donc décidé de boycotter la prochaine conférence et appellent l’ensemble du monde de la lutte contre le sida à faire de même. Elles ont été rejointes par les professeures Françoise Barré-Sinoussi, lauréate 2008 du Prix Nobel de Médecine, Hakima Himmich, Présidente de l’ ALCS et Christine Katlama, de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière.