San Francisco serait-elle en train de réussir son pari, celui de devenir la première ville américaine sans nouvelle infection par le VIH, sans nouveau décès du au sida, et sans discrimination? Le chemin semble encore long, mais les efforts commencent à porter leurs fruits.

Selon le département de santé publique de la ville, les nouvelles infections VIH et les décès de personnes atteintes ont diminué de 17% entre 2013 et 2014. Le San Francisco Examiner rapporte qu’il y a eu en 2014 302 nouveaux diagnostics de séropositivité au VIH l’an dernier (contre 371 en 2013) et 177 décès de personnes atteintes par le VIH (contre 209 en 2013). D’après le site, ces chiffres sont les plus bas jamais enregistrés dans la ville depuis le début de l’épidémie dans les années 80.

LA PREP MARCHE
Selon les autorités de santé, l’accès à la PrEP (prophylaxie pré-exposition) avec l’autorisation depuis 2012 de Truvada en tant que médicament préventif, explique en grande partie la chute des nouvelles infections. En complément de cette offre de prévention, l’accès facilité aux tests de dépistage et la rapidité de la mise sous traitement expliqueraient cette chute spectaculaire des nouvelles infections, de l’ordre de 30% en deux ans.

La directrice de l’unité prévention VIH du département de santé publique affirme au San Francisco Examiner qu’il reste beaucoup à faire.

Ainsi, les noirs ont un taux de survie plus bas que les autres groupes ethniques et certaines populations vulnérables, comme les pauvres et les sans-abris ont plus de mal à avoir accès à un traitement ou à continuer à le prendre. Il y a aussi une augmentation des nouvelles infections parmi les jeunes, spécialement ceux des minorités ethniques.

COUP D’ACCELERATEUR
Le programme de réduction des nouvelles infections et des décès a connu un coup d’accélérateur en décembre 2014, lorsqu’a été dévoilé un plan stratégique pour atteindre l’objectif de « zéro infection, zéro décès, zéro discrimination ». Toutes les ressources et les efforts sont concentrés sur cet objectif qui prévoit ainsi une réduction de 90% des nouvelles infections d’ici 2020. Les trois piliers de ce programme sont l’expansion de la PrEP, l’accès au test et la mise sous traitement rapide et enfin le maintien dans le traitement.

Grâce au programme RAPID, à l’hôpital de San Francisco, les patients peuvent recevoir le traitement le jour même du diagnostic. On sait que le traitement permet une réduction de la charge virale ce qui permet de diminuer très fortement les risques de la transmission du VIH d’une personne contaminée à une personne séronégative. Le maintient dans le traitement permet notamment d’identifier et de lutter contre les facteurs qui empêchent les personnes atteintes d’accéder au traitement ou de maintenir leur adhésion.

Si on compare San Francisco au reste des Etats-Unis, les chiffres paraissent démontrer l’intérêt de ce programme. Si en 2012, 82% des personnes séropositives connaissaient leur statut aux Etats-Unis, ce taux était de 94% à San Francisco. Et si seulement 25% des personnes atteintes avaient une charge virale indétectable dans le pays, 63% des séropositif.ve.s vivant à San Francisco avaient une charge virale indétectable.

L’exemple de San Francisco a fait l’objet de nombreux articles dans la presse américaine. Paris est la capitale européenne la plus touchée par l’épidémie. Pourrait-elle s’inspirer de ce programme?