La nageuse de l’équipe de France, Mélanie Hénique, a annoncé avoir porté plainte pour agression homophobe vendredi 3 juillet. L’agression a eu lieu à Amiens le 26 juin, à la sortie d’un restaurant, où plusieurs hommes les ont insultées, elle et ses amies, puis frappées. Dans le témoignage qu’elle a accordé à l’AFP, la jeune sportive de 22 ans n’a pas tenu à révéler la teneur des insultes proférées. «C’était un devoir pour moi de rendre publics ces faits, non pas pour parler de moi mais ne serait-ce que pour aider tout ceux qui n’osent pas porter plainte. Ça arrive trop souvent», a-t-elle déclaré à l’AFP. La nageuse n’avait, à ce jour, jamais évoqué dans les médias son homosexualité: «Je suis comme je suis. Mais je ne suis pas non plus quelqu’un qui va le montrer, je suis discrète. Je fais attention, c’est ma vie privée et je ne l’étale pas». Mélanie Hénique a du stopper son entraînement pendant une dizaine de jours après les faits pour subir une opération à cause de son nez cassé lors de l’agression, alors qu’elle prépare justement les Championnats du monde qui se dérouleront en août à Kazan en Russie.

Jacques Favre, le Directeur technique national de la Fédération française de natation, a affirmé à L’Équipe que Mélanie Hénique était actuellement en train de «récupérer» et devrait reprendre l’entraînement dès demain. «C’est problématique psychiquement», a-t-il expliqué: «On va essayer de la faire nager avec un masque, sûrement, on va trouver des systèmes. On sait faire a priori. On a un préparateur mental au Cercle des nageurs qui, je crois, travaille régulièrement avec elle, mais on va essayer de l’encadrer un peu plus, de la soutenir. Nous, on pense à elle, on essaie de faire en sorte d’être avec elle dans ces moments compliqués.»