Il y a quelques semaines, Yagg vous présentait le Lesbeton, un nouveau Tumblr participatif lancé pour dénoncer le harcèlement de rue lesbophobe en montrant ce que les femmes lesbiennes ou bisexuelles peuvent subir comme remarques ou comportements dans l’espace public en raison de leur orientation sexuelle. Le site rassemble des photos où les personnes posent avec une pancarte, ou simplement les mots qu’elles ont entendus.

Cette semaine, l’administratrice de la page a signalé que Facebook avait supprimé un des visuels, publié le 20 juin, au motif que celui-ci ne respecte pas les «standards de la communauté»: «Eh les gouines, vous voulez pas plutôt sucer ma bite», indiquait-il. Elle s’est étonnée que Facebook, si prompt à lancer juste après la décision de la Cour suprême du 26 juin une application Celebrate Pride pour permettre à ses utilisateurs/trices de customiser leur photo de profil, supprime si facilement une image dont le but est justement de mettre en lumière les discriminations: «En gros, on lance une appli sympa car c’est intéressant d’un point de vue communication, mais quand il s’agit de dénoncer les discriminations envers les lesbiennes, d’un coup, on censure», s’agaçait-elle.

Contacté mardi 30 juin par Yagg, le service presse de Facebook en France a affirmé que la photo «ne respectait pas les standards de la communauté de Facebook»: «Ces standards définissent les règles du vivre ensemble sur la plateforme afin de protéger les utilisateurs et leur assurer la meilleure expérience à chacune de leur visite sur Facebook. Ils bannissent notamment tout contenu ou profil pouvant porter atteinte au bien-être des utilisateurs de Facebook à travers le monde (violence, menace, mais aussi contenu sexuellement explicite notamment pour les jeunes présents sur la plateforme)» Ce sont donc les éléments de langage «gouines» et «bite» qui auraient provoqué la suppression de la page. Mais pourquoi une page comme celle du Lesbeton, qui dénonce justement ces propos sexistes et homophobes, a-t-elle vu sa publication supprimée, tandis que des groupes Facebook ne sont pas inquiétés pour des propos haineux et des appels au meurtre ou au viol? En effet, régulièrement ces pages au contenu explicitement homophobes ou racistes sont signalés… sans pour autant que la modération de Facebook n’intervienne pour supprimer ces contenus. Dernièrement une pétition a même été lancée afin que Facebook soit plus efficace dans le traitement de ces pages.

Face à cette dernière interrogation, le service presse de Facebook a finalement répondu à Yagg ce matin: «Après vérification, il s’avère que la publication a été supprimée par erreur, elle ne violait pas les standards de Facebook. Elle a donc été rétablie.»