La décision de la Cour suprême des États-Unis de faire du droit de se marier pour les couples homos un droit fondamental vendredi 26 juin aura-t-elle des répercussions sur les droits des LGBT à l’étranger? Il semble en tout cas qu’elle fasse déjà des émules. Et notamment en Colombie où, dimanche 28 juin, le gouvernement a promis aux lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’ colombien.ne.s que le mariage et l’adoption pour tout.e.s serait une réalité d’ici peu. Dans une lettre à la presse, le ministre de l’Intérieur, Juan Fernando Cristo, a en effet affirmé que «l’égalité est inéluctable» et qu’«elle arrivera bientôt en Colombie».

VIDE JURIDIQUE
Car, dans le pays sud-américain, la question du mariage – mais aussi de l’adoption – pour les couples gays et lesbiens se trouve dans un véritable vide juridique – ou flou artistique. Depuis 2007, plusieurs décisions de la plus haute juridiction colombienne, la Cour constitutionnelle, sont venues créer un cadre légal à la conjugalité homosexuelle avec notamment la reconnaissance des unions civiles après deux ans de vie commune en 2009 ou l’adoption intraconjugale consentie sous conditions en 2014. En revanche, en 2011, dans une décision historique pour les associations LGBT, la Cour demandait au Congrès de légiférer en faveur de l’ouverture du mariage aux homos sous deux ans avant que le projet de loi du gouvernement ne soit rejeté en avril 2013 par le Parlement. Vote négatif qui a conduit des couples aidés de juges et de notaires à faire transformer leur union en une union maritale, similaire au mariage sur le plan des droits sociaux, fiscaux et patrimoniaux, mais qui n’est pas un «mariage». L’imbroglio.

Avec volontarisme, le gouvernement du président Juan Manuel Santos – dont deux ministres lesbiennes ne cachent leur union – a par ailleurs permis ces derniers mois des avancées significatives pour les droits des personnes LGBT. Dans les organisations internationales et les instances de diplomatie, la Colombie a, avec d’autres pays d’Amérique latine comme l’Uruguay ou le Chili, le leadership dans la promotion et la défense des minorités sexuelles et de genre. Au début du mois, par un décret très progressiste du ministre de la Justice, Bogota a également autorisé le changement d’état civil selon une procédure libre et autodéterminée après passage chez le notaire pour les personnes trans’. De quoi se placer à l’avant-garde mondiale en matière de reconnaissance des transidentités.