Aujourd’hui, lundi 29 juin, le Mozambique a dépénalisé l’homosexualité. Tout comme dans de nombreux pays d’Afrique, une relation avec une personne du même sexe pouvait engendrer de lourdes peines: d’après l’ancien code pénal établi en 1886, hérité de la colonisation portugaise, l’homosexualité était considérée comme un délit passible de peines pouvant aller jusqu’à trois ans de travaux forcés avec rééducation à la clé. Cependant, cela n’a pas été appliqué depuis l’indépendance du pays en 1975.

La promulgation du nouveau code pénal par le président par le président Armando Guebuza dépénalise également l’avortement. Le Mozambique rejoint ainsi la trentaine de pays africains à avoir dépénalisé les relations sexuelles entre personnes de même sexe. L’homosexualité reste illégale dans 35 autres pays africains, notamment le Zimbabwe voisin.

Bien que le Mozambique soit souvent considéré comme l’un des pays du continent africain les plus ouverts, l’acceptation de l’homosexualité est encore loin d’être totale. Pour preuve, les difficultés auxquelles est confrontée la seule association LGBT du pays, Lambda, qui tente d’être officiellement reconnue par le ministère de la Justice depuis 2008. Sans succès. Il y a quelques jours, l’association se félicitait de la dépénalisation, qui intervient le mois où le pays fête le 40e anniversaire de son indépendance. Même si la législation n’était pas appliquée contre les personnes homosexuelles, «on ne peut pas nier que son existence constitue en soi une menace», soulignait Dario de Sousa, responsable juridique de l’association. Lambda regrette néanmoins que bien que cette menace soit levée, les personnes LGBT ne disposent d’aucune protection légale au Mozambique.