La procureure générale de Californie (l’équivalent du ministre de la Justice de l’État), Kamala Harris, avait demandé à la Justice d’examiner une proposition de loi présentée par l’avocat Matt McLaughlin nommée «Loi de suppression des sodomites». Ce texte prévoyait que toute personne homosexuelle soit tuée «d’une balle dans la tête ou par toute autre méthode opportune». Il envisageait également une peine de dix ans de prison et une exclusion à vie de l’État en cas de «propagande» de l’homosexualité devant des mineur.e.s (lire Californie: Une loi pour «l’exécution des sodomites» en préparation).

Parce que le texte avait été déposé dans les règles, il ne pouvait pas être simplement rejeté, tout incongru qu’il fut. À moins qu’un juge en décide autrement, Kamala Harris était légalement dans l’obligation de le formaliser et de l’étudier comme n’importe quelle autre initiative populaire. Elle avait jusqu’au 25 juin (demain) pour le faire, ce qui aurait ensuite permis à l’auteur du texte d’aller chercher les 366000 signatures nécessaires pour qu’il soit soumis à référendum.

Un juge a donc été amené à étudier la proposition de loi. Et il a estimé que tout préparatif ou toute publication officielle en vue d’un examen du texte serait «inapproprié, un gaspillage des ressources publiques, cela diviserait inutilement l’opinion publique, et tendrait à induire en erreur le corps électoral», a précisé Raymond M. Cadei, juge de Sacramento. Pour lui, le texte est «manifestement anticonstitutionnel».

Kamala Harris s’est réjouie de cette décision. «Cette proposition de loi est un geste de sectarisme, qui vise à promouvoir la violence, est manifestement anticonstitutionnel et n’a pas sa place dans une société civile, a-t-elle déclaré à BuzzFeed. Mon bureau continuera à se battre pour les droits de tou.te.s les Californien.ne.s à vivre libres de toute haine ou intolérance.»