Ce sont des militant.e.s en colère. Leur combat: la fin des «mutilations génitales», «ces opérations précoces sur les nouveau-nés intersexes», que Daniela Truffer et son compagnon Markus Bauer pointent du doigt comme «une violation de leurs droits humains» dans une interview incisive au magazine suisse 360°, lundi 22 juin. Dénoncées dans une étude du Conseil de l’Europe de 2014 et par le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe lui-même, Nils Muižnieks, ces opérations de réassignement effectuées avant deux ans sont pourtant monnaie courantes en Europe. «Seule une raison médicale, et non pas une indication psychosociale, devrait motiver des opérations sur les organes génitaux d’un enfant incapable de discernement, déplore la militante intersexe suisse. Être opérée ou non est une décision qui revient à la personne intersexe.»

Sur l’association au mouvement LGBTQ, les deux militant.e.s sont circonspects: «Nous sommes contents de tous les soutiens, même si les LGBT se battent rarement pour le “I”, et cela ajoute à la confusion. Parmi les intersexes, il y a des hétéros, des bi.e.s, des gays et des lesbiennes, comme dans le reste de la population. Et contrairement à ce que pensent certains, les intersexes n’ont rien à voir avec les trans’». Et de conclure l’entretien sur un appel à amplifier la médiatisation de la situation des personnes intersexes:

«Trop nombreux sont les militants qui se contentent de se rendre dans des colloques et des conférences; quand j’y suis invitée, je leur rappelle qu’à quelques kilomètres de là, dans l’hôpital de la ville, les mutilations se poursuivent. Il faut arrêter le blabla et interpeller les médias, les médecins, les politiciens, les instances nationales et internationales. Les intersexes ne sont pas des cas d’études universitaires, mais les victimes d’une mutilation abominable… au même titre que l’excision.»

À lire sur le site de 360°.