Dans la nuit du 22 avril 2012, Ihsane Jarfi perdait la vie à Liège, en Belgique, victime d’un meurtre de nature homophobe pour lequel ont été arrêtés quatre hommes. Trois d’entre eux – Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens et Eric Parmentier – ont été condamnés à la perpétuité. Le quatrième, Jonathan Lekeu, a écopé d’une peine de 30 ans pour «meurtre homophobe sans préméditation». C’était la première fois que le caractère homophobe était retenu pour un meurtre.

REJET DU POURVOI EN CASSATION
Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens et Eric Parmentier se sont pourvus en cassation en janvier dernier. Ils ont contesté la préméditation deux mois après leur procès. Ils estimaient que la cour d’assises avait retenu une mauvaise interprétation de ce qu’il s’était passé le soir de l’agression. D’après l’association Arc en ciel Wallonie, la Cour de cassation a répondu par le rejet de ces pourvois mercredi 17 juin à Bruxelles. Ce qui signifie que leur peine est définitive.

«On se réjouit du jugement rendu par la Cour de cassation. La procédure a été bien respectée, explique Verlaine Berger, chargée de communication de l’association Arc en ciel Wallonie. Le compte rendu a été réfléchi et bétonné. Même si l’on était presque sûr.e.s que le procès ne serait pas remis en doute, c’était un peu stressant.» Les condamnés peuvent cependant tenter de vouloir se défendre devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), même si c’est peu probable. «Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens et Eric Parmentier ont des avocats pour les conseiller, mais le refus de la Cour de cassation est déjà très fort. Rien ne dit que leurs avocats les suivront s’ils tentent une nouvelle action d’appel», ajoute Verlaine Berger.

PERPÉTUITÉ POUR LES CRIMES HAINEUX
Ihsane Jarfi, 32 ans, a disparu le 22 avril 2012 où il avait été vu pour la dernière fois à la sortie de l’Open bar, un bar gay de Liège. La victime a trouvé la mort après un calvaire qui aura duré entre quatre et six heures. Lors de ce drame, le jeune homme a été roué de coups au visage et à l’abdomen. Il a été retrouvé avec 17 côtes brisées et la cage thoracique écrasée. Ses bourreaux ont justifié leurs actes par des propositions homosexuelles de la part du défunt, ce qui les auraient énervés.

Il aura fallu attendre un deuxième meurtre officiellement reconnu de nature homophobe en Belgique pour que le gouvernement belge adopte un projet de loi qui a allongé les peines à la perpétuité pour les crimes à caractère haineux (homophobes, racistes ou en raison de l’âge).