C’est une mésaventure que personne n’aimerait avoir à endurer. Comme il l’a raconté sur le plateau du HuffPost Live dans une émission consacrée aux difficultés rencontrées par les personnes trans’ pour accéder aux soins médicaux, tout a commencé en 2008, lorsque Jay Kallio a découvert une grosseur dans un sein seulement trois mois après une mammographie.

Il effectue une deuxième mammographie puis une biopsie. Les semaines passent et comme aucun résultat ne lui est communiqué, Jay ne s’inquiète pas. Jusqu’au jour où le médecin qui a effectué sa biopsie l’appelle. «Elle m’a dit ”Bonjour, j’étais juste curieuse de savoir comment vous y alliez, au vu de votre diagnostic?”, raconte-t-il. Et j’ai répondu “Quel diagnostic?” Elle était sous le choc: “Votre docteur ne vous a pas encore appelé?”»

La biopsie avait révélé un cancer «très agressif» du sein. Malgré ces résultats et une histoire familiale de cancers du sein, qui impliquent des soins immédiats, le médecin de Jay Kallio ne se manifeste toujours pas. Pendant ce temps, la douleur s’installe dans la poitrine de Jay, qui s’étonne d’autant plus de la situation que son médecin dirige le service de chirurgie d’un grand hôpital de Manhattan, à New York, une ville libérale où Jay pensait trouver des professionnel.le.s compétent.e.s. Lorsqu’il décide de faire transférer son dossier, Jay a enfin une conversation avec son médecin traitant mais elle ne prend la tournure qu’il espérait.

«La première chose que le docteur m’a dite était “J’ai un réel problème avec votre statut de transgenre”. Il m’a dit que lorsqu’il a su que j’étais trans’, la première chose qu’il voulait faire c’était de m’envoyer en psychiatrie.»

Jay Kallio a finalement trouvé un médecin compétent. «C’est comme ça que j’ai perdu mes seins, confie Jay. Je n’ai jamais été en mesure de payer les soins de transition comme une personne transgenre à cause de mes faibles revenus, donc j’ai subi une double mastectomie à cause de mon cancer du sein», explique-t-il.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur The Awful Reason This Trans Man’s Doctor Withheld His Cancer Diagnosis.

Ce témoignage, Jay Kallio le partage depuis plusieurs années déjà. «On est très vulnérable quand on est malade, expliquait-il en 2012. J’en étais au point où j’allais laisser tomber les traitements. Ma confiance était plus grande envers le développement naturel de mon cancer qu’envers mes soignant.e.s.»

S’il a dû opter pour la manière radicale afin de lutter pour son cancer du sein, le combat ne s’arrête pas ici pour Jay. Trois ans plus tard, Jay est actuellement en phase terminale d’un cancer du poumon. Cependant, il voit les choses d’une manière positive. Grâce à son histoire et son expérience, l’équipe de l’hôpital qui le soigne apprend comment traiter les patients LGBT. La deuxième fois qu’il a dû se faire traiter, Jay a ainsi eu la chance d’être bien mieux accueilli.

«C’est vraiment positif. Je n’ai qu’une chose à dire: l’activisme fonctionne. Oui, l’activisme fonctionne, insiste-t-il. Sortez et battez-vous pour vos droits, battez-vous pour vos vies. Cela ne va pas se terminer avec moi. Je ne serai peut-être plus là pour crier et hurler pour encore très longtemps, mais jusqu’à mon dernier souffle, c’est ce que je vais faire parce que je sais que cela sauve des vies», conclut-il.