La réalisatrice et photographe Emilie Jouvet prépare un nouveau film, My Body My Rules, et fait appel aux contributions pour produire ce projet. Fidèle à son univers résolument queer et féministe, elle va s’intéresser à ceux et à celles qui n’entrent pas dans le moule: «Le concept du film est de donner des images et de laisser s’exprimer des personnes dont le rapport au corps, à la sexualité est vu comme hors-normes, à travers une galerie de portraits, explique-t-elle à Yagg. Pour cela, une dizaine de personnes révèleront en images le rapport magique/secret/cruel/sensuel/powerful qu’elles/ils entretiennent vis à vis de leur propre corps.» Une idée que l’artiste mûrit depuis un certain temps: «J’ai essayé dans mes derniers courts Candy Box et Safer [qui font partie de la campagne de prévention Tu Sais Quoi, menée par Yagg et l’Inpes, ndlr] de présenter une plus grande diversité de personnes. J’aimerais poursuivre sur cette voie avec My Body My Rules. Ce sera une invitation à découvrir le rapport au corps de chacun.e, son univers intime, à travers des constructions très différentes: autofiction, performance, danse, etc.» Des corps et des personnes qu’elle considère «très peu ou mal représentées dans les médias mainstream, et aussi parfois ignorées sur la scène LGBT.»

Le film présentera donc une dizaine de personnalités qu’Emilie Jouvet a rencontrées au gré de ses «tribulations artistiques»: «Par exemple Rébecca Chaillon de la compagnie Dans le ventre, une comédienne, auteure et performeuse qui travaille avec les matières, le maquillage, l’alimentaire, sur le désir, la faim, les métamorphoses, la violence. Elle a un corps rond et pas de cheveux, et se balade souvent à poil! Flozif [du collectif PlayNight, ndlr], qui milite pour une image positive de son corps en acceptant les changements du temps et les faisant sien. Elle fait du tantra et du Shibari/kinbaku, une pratique artistique des cordes, et s’intéresse aux sexualités alternatives et aux possibilités de pousser les limites du corps. Il y aura aussi No, une jeune doctorante/chercheuse qui aimerait réinventer les images autour du corps handicapé grâce à la danse, rompre avec la prétendue monstruosité du corps handicapé, visibiliser ce corps d’habitude invisible, dissimulé, totalement absent dans l’espace public. Et il y aura aussi Caritia, qui vient de Berlin, Yaya de Genève, Maria de Barcelone, Romix, et bien d’autres!»

Sur l’appel à contributions, les dons ont déjà permis d’atteindre 3000 euros, soit un tiers du budget prévisionnel dont a besoin Emilie Jouvet pour pouvoir produire le film. Voir la page Ulule de My Body My rules et suivre l’actualité du film sur Facebook.