Yagg aura été peu aidé par les institutionnels ou par le secteur privé dans son histoire. «Un restaurant, c’est plus facile à gérer pour nous», nous avait ainsi répondu une banque que nous étions allé.e.s voir il y a quelques années. D’autres ont évoqué la présence d’images pornographiques sur le site pour nous refuser leur soutien (Yagg n’a jamais publié de photo X). Tout lien avec de l’homophobie n’est pas forcément à exclure…

Récemment, nous avions déposé une demande de financement auprès du Fonds pour l’Innovation Numérique de la Presse (FINP), mis en place par Google pour aider au développement des médias web. Nous souhaitions une aide au financement de notre offre abonné.e.s. sur ces points: renforcement de l’équipe de journalistes (pour proposer un contenu plus riche), community management (pour assurer un meilleur suivi avec les internautes), développement d’une meilleure interface technique (pour une solution plus pratique et plus complète).

Nous avons été informé.e.s ce matin que notre demande à a été retoquée. Nous n’avons pas encore d’explication officielle. Le but de Yagg Plus, notre offre d’abonnement, lancée il y a deux semaines, est de permettre à Yagg de (re)trouver son équilibre financier, ou pour le dire plus simplement, de continuer à exister. L’aide du FINP – nous avions demandé 140 000 euros, une paille, quand Le Figaro ou Le Parisien obtiennent des aides à 7 chiffres – nous aurait donné un peu d’air et nous aurait accordé le temps nécessaire pour convaincre les internautes qui nous suivent de continuer à s’abonner.

URGENCE
Aujourd’hui, nous nous retrouvons donc à nouveau dans une situation d’urgence. Nous avons largement communiqué jusqu’ici sur notre objectif de 3 000 abonné.e.s avant la fin de l’été. Il est plus que jamais d’actualité. Grâce à la campagne Ulule et aux premiers abonné.e.s depuis le lancement de l’offre, nous sommes à un peu moins de 1200. Le chiffre de 3000 ne semble donc pas inaccessible… Pour être totalement transparent.e.s, si nous ne l’atteignons pas dans les deux ou trois mois qui viennent, nous ferons face à des difficultés de trésorerie difficilement surmontables.

Yagg aura été peu aidé dans son histoire disions-nous plus haut, sauf par ses lectrices et ses lecteurs. D’ailleurs, il ne s’agit pas ici d’aide, plutôt de l’achat d’un service. La presse ne peut être gratuite, même sur le web. Comme nous l’avons répété à maintes reprises: l’information n’a pas de prix, mais elle a un coût.

Que faire? Si vous êtes déjà abonné.e., vous pouvez convaincre un.e ami.e ou des ami.e.s de le faire également. Si vous ne l’êtes pas encore, c’est le moment ou jamais! Si vous n’avez pas les moyens, notre première offre commence à 2,90 euros / mois, ce qui reste assez modique. Dans tous les cas, vous pouvez continuer à nous lire ou à relayer nos informations sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas de petit soutien.

À celles et ceux qui seraient surpris de la tonalité un brin alarmiste de ce post alors que notre campagne Ulule avait été un beau succès, notre situation n’a pas changé depuis février-mars. Les 40 000 euros obtenus à ce moment-là nous ont simplement permis de développer la solution actuelle d’abonnement et de tenir le coup en attendant qu’elle soit en place. Ils ne constituaient qu’une étape sur le chemin qui permettra à Yagg de perdurer. Nous sommes maintenant face à l’étape suivante. Une étape cruciale. Depuis novembre 2008, nous avons tâtonné à la recherche d’un modèle économique, avec les difficultés que vous connaissez. Nous l’avons trouvé désormais. Nous avons juste peu de temps pour le mettre véritablement en route.

Au fond, c’est maintenant à vous de décider si vous jugez utile d’avoir un média LGBT comme Yagg en France.

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