«Faut-il brûler les homos?», s’interrogeait en une le dernier numéro de Maroc Hebdo. Dès sa mise en vente, l’hebdomadaire a été l’objet d’une vigoureuse polémique, en particulier sur les réseaux sociaux (lire «Faut-il brûler les homos?» questionne le magazine «Maroc Hebdo»).

Dépassé par les événements, le magazine a annoncé hier soir qu’il retirait ce numéro de la vente. «Notre publication n’a pas pour politique éditoriale de céder à un certain sensationnalisme de mauvais aloi ni de se distinguer par des sujets provocateurs pouvant heurter les sensibilités de l’opinion publique, indique un communiqué publié sur son site (par ailleurs en maintenance). En l’espèce, elle a voulu montrer un certain nombre de facettes d’un fait social: celui de l’homosexualité et en prolongement celui de son statut dans notre société. Un débat est à l’ordre du jour. Maroc Hebdo a voulu à cet égard rendre compte de ce débat.»

«Mais compte tenu des réactions particulièrement vives à travers les réseaux sociaux, Maroc Hebdo a décidé de retirer de la vente et de ses sites sur le net, cette édition, poursuit le directeur de la publication Mohamed Selhami. Il présente en même temps ses excuses à tous les lecteurs qui ont pu être choqués par ce thème et il rappelle qu’il n’a d’autre exigence que de continuer à œuvrer pour l’élargissement d’un débat national sur le projet démocratique de société en construction dans notre pays et les valeurs qui doivent l’articuler et le fonder.»

Interviewé dans le cadre du dossier publié par Maroc Hebdo, l’écrivain Abdellah Taïa a regretté sur Facebook s’être fait piéger: «La chasse aux sorcières continue au Maroc. Une telle couverture est une véritable incitation à la haine, au meurtre. C’est atroce, révoltant, écœurant, criminel… En plus, je me suis fait piéger puisque j’ai accordé à ce journal une petite interview où je dénonce le geste de la télévision marocaine qui a outé, dans son JT, les deux homosexuels qui se sont embrassés à Rabat et mis gravement leur vie en danger… Je ne parlerai plus jamais de ma vie à ce magazine… Plus que jamais je pose la question: Qui va enfin sauver les homosexuels marocains?».