LE MARIAGE DE LA SEMAINE
Saison des transferts dans le football. Sur 200% Foot Fem, Linda Bresonik quitte le Paris-Saint-Germain pour retrouver sa terre natale et le club du SG Essen Schönebeck où elle rejoindra son épouse, avec qui elle s’est mariée le 30 mai.

L’ATHLÈTE DE LA SEMAINE
Chris Mosier comptera parmi l’équipe américaine qui disputera les championnats du monde de duathlon (course à pied, course cycliste, course à pied) en Espagne en 2016. L’athlète trans’ a gagné sa place en terminant 37e des championnats américains de la discipline, le 6 juin. Il a terminé 7e dans la catégorie 35-39 ans. Il fallait être parmi les 8 meilleurs pour partir en Espagne, indique Outsports: «Entrer en équipe nationale était mon objectif numéro un cette année, a expliqué Chris Mosier au site américain. De nombreux/ses athlètes trans’ arrêtent la compétition après leur transition. Je veux montrer qu’il est possible de garder une identité comme athlète après sa transition. Quand j’ai envisagé la mienne, je ne voyais pas d’hommes trans’ évoluer au haut-niveau auquel j’aspirais. Je suis ravi d’être un exemple visible pour d’autres athlètes trans’ qui envisagent une transition.»

LE FILM DE LA SEMAINE
Il faut courir voir Une équipe de rêve. Comme l’écrit Xavier Héraud sur Yagg, «dans ce documentaire, d’une facture assez classique pour le genre, c’est une femme qui crève l’écran. Une femme trans’, Jaiyah qui va devenir la première femme trans’ à participer à une compétition officielle de football. Elle n’est pas la meilleure techniquement, mais son envie de jouer, de gagner, sa bonne humeur, en font un atout essentiel pour l’équipe, comme le comprend rapidement Thomas Rongen, le rugueux coach néerlandais qui vient prêter main forte».

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LE CARTON ROUGE DE LA SEMAINE
En Norvège, dans le championnat de deuxième division, un joueur, Simen Juklerød, s’énerve contre un adversaire, le traite d’«homo», il écope d’un carton rouge (à partir de 1’40 dans la vidéo ci-dessous). Il a protesté, mais l’arbitre a expliqué qu’il avait proféré une insulte passible d’une expulsion. Il a été récemment demandé aux hommes en noir des compétitions du pays de considérer toutes les insultes, dont les homophobes, comme passibles de carton rouge. Simen Juklerød a depuis présenté des excuses.

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LE DOUBLÉ DE LA SEMAINE
La France est en tête de son groupe, à la Coupe du monde féminine de football, après sa victoire, mardi 9 juin, contre l’Angleterre (1-0). Victoire a minima mais victoire d’une équipe qui ronge son frein depuis la quatrième place du mondial 2011, des Jeux olympiques 2012 et après un Euro plus que mitigé en 2013 (élimination en quart de finale). Troisièmes au classement mondial, de plus en plus reconnues, les Françaises ont un rang, une place à défendre. Cela doit glacer un peu les sangs, contracter les émotions.

Les États-Unis aussi se sont donné une mission. Accrocher la deuxième étoile après la victoire en 1999 et offrir à Abby Wambach, leur capitaine et buteuse prolixe, la seule ligne qui manque à son palmarès. Les Américaines, qui évoluent dans une groupe de la mort comme on dit en sport, ont dominé l’Australie 3-1 grâce à un doublé, notamment, de Megan Rapinoe, joueuse indispensable et talentueuse de la formation. La Suède et le Nigéria, ce jour-là, ayant fait match nul (3-3), les Américaines sont en tête de leur groupe.

LE TEST DE LA SEMAINE
Percutantes et très éclairantes ces quatre questions posées par Alice Maruani sur Rue89. Le test soulève la question des tests de féminité à la veille de la Coupe du monde de football (6 juin-5 juillet). «C’est que la Fifa, si elle n’impose pas de tests poussés au niveau national, veille à ce que les fédérations certifient la féminité de leurs équipes, indique l’auteure. (…) On le voit, les tests de féminité, en plus de stigmatiser et d’humilier les joueuses, avec des conséquences parfois tragiques sur leur vie, contribuent aussi à entretenir le mythe d’un système binaire: les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En réalité, le sexe biologique est un continuum.»

LES TRIBUNES DE LA SEMAINE
De nombreuses voix s’élèvent pour regretter que malgré quelques éclaircies, l’invisibilité du sport pratiqué par des femmes dont le football, reste forte en ce début de Coupe du monde au Canada. Ainsi Audrey Keysers, co-auteure avec Maguy Nestoret Ontanon de Football féminin. La femme est l’avenir du foot, sur le Plus de l’Obs: «Le milieu du sport reste exclusivement masculin dans les instances dirigeantes. Dans le football, aucune femme n’est présidente d’un club de 1e ou 2e division. Le constat est le même au niveau des arbitres puisqu’aucune femme n’officie en première division, une seule arbitre en deuxième division. Et une seule femme, Corinne Diacre, entraîne un club de foot professionnel, Clermont Foot (en Ligue 2) (…). C’est sans doute dans le football que les écarts sont les plus importants. Si les salaires et la médiatisation sont communs au sport féminin, la question du statut et des conditions de pratique sont plus spécifiques au football.»

Le sexisme n’est pas encore hors-jeu dans le football, loin de là. Les Dégommeuses publient sur le blog leur tribune publiée, dimanche 7 juin, dans L’Équipe: «Le football, ce sport qu’on dit le plus populaire, accessible et universel de la planète, est un terrain sur lequel les femmes ne sont toujours pas considérées comme pleinement légitimes, indiquent les Dégommeuses. (…) C’est précisément sur cette question de l’occupation de l’espace que se cristallisent les enjeux dans le monde amateur. Dès leur plus jeune âge, les filles sont tenues à l’écart des terrains. Ceux des cours de récréation, où il demeure si compliqué pour elles de s’immiscer dans le jeu, ceux des stades municipaux, dont l’immense majorité des créneaux est octroyée aux équipes de garçons. Railleries, insultes sexistes, refus de libérer le terrain voire jets de projectiles, les Dégommeuses peuvent témoigner de la réticence des garçons à partager la place avec les filles.» La tribune se félicite de l’arrivée de 12 équipes nationales féminines dans le jeu vidéo FIFA 2016, en septembre.

LES COULISSES DE LA SEMAINE
Pour le jeu, les joueuses de l’équipe de France se sont prêtées à des séances photos très sophistiquées pour capturer les expressions, les joies, les frustrations.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur FIFA 16 : l’Equipe de France Féminine entre en jeu !

L’ARTICLE DE LA SEMAINE
Dans The New Yorker, une histoire de l’équipe de France féminine de football.

L’ADIEU DE LA SEMAINE
Long article dans Libération sur la saga des Playmobils après la mort, le 3 juin, de leur père, Horst Brandstätter, à l’âge de 81 ans. Le sport et le football ont participé à l’évolution des figurines de 7,5 centimètres qui ont peuplé l’univers de tant d’enfants: «Le Playmo, qui ne pouvait alors bouger que la tête, les épaules, le bassin et les poignets, subit une grosse chirurgie en 2014 avec le football: il peut désormais avoir une jambe de tir mobile».

LA BÉBÊTE DE LA SEMAINE
Un chien qui joue merveilleusement au football, de la tête, cela se passe au Brésil.

Brezilya’da her canlı topçu. Üst üste transfer teklifleri alan köpek…

Posted by SPORX on jeudi 4 juin 2015

 

LA RUPTURE DE LA SEMAINE
Elle ne serait pas si triste qu’elle en serait rocambolesque l’histoire de Brittney Griner et Glory Johnson. Après les fiançailles, l’émission de télé-réalité sur le choix de la robe de mariage, les poursuites pour trouble à l’ordre public à la suite d’une scène de ménage, et le mariage, en mai, les deux femmes sont séparées après que Glory Johnson a annoncé sa grossesse via Instagram. Brittney Griner a, elle, indiqué qu’elle avait demandé l’annulation du mariage.

Dans un entretien à la chaîne américaine ESPN, elle a expliqué les raisons de son choix tandis que sur TMZ Sports, Glory Johnson s’est dite profondément choquée.

La saison du championnat américain de basket a commencé le 6 juin. Depuis, les Tulsa Shock, le club de Glory Johnson, a annoncé qu’elle ne disputerait pas cette saison en raison de sa grossesse. Brittney Griner, qui évolue chez les Phoenix Mercury, elle, a fait appel de la sanction prononcée par la WNBA (sept matches de suspension pour chacune) après l’altercation et les poursuites judiciaires qui avaient suivi.

LES BONNES FEUILLES DE LA SEMAINE
Publiées par Le Point, celles d’un livre témoignage publié chez Hugo Sport par un auteur qui se qualifie de rugbyman masqué. Sous anonymat (on l’aura compris), il évoque quelques dessous du rugby. Sur l’homosexualité, le florilège retenu par l’éditeur et Le Point sont confondants :

1/ «Il y a des homosexuels dans le rugby français, chez les dirigeants, chez les joueurs. Mais je ne connais pas d’homosexuels déclarés, à part le Gallois Gareth Thomas

2/ «Quand on a croisé Gareth sur un terrain, on n’imagine pas qu’il soit homo. En fait, personne n’aurait parié un centime sur la probabilité qu’il le soit. Ni Nigel Owens, l’arbitre, gallois lui aussi.»

3/ «C’est un peu comme pour le dopage, n’est-ce pas? Ça existe, mais on ne va pas s’en vanter. Les blagues sur les pédés vont bon train dans le rugby encore aujourd’hui. Concernant le sexe, d’une manière générale, nous respectons nos orientations. Nos fantasmes, on en parle. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu vraiment trop à en parler.»

4/ «Les orientations sexuelles des gens, je m’en contrefous. Ça ne me pose aucun problème moral ni éthique. Le mariage pour tous, je suis pour. Quand j’y réfléchis, je me dis que ça pourrait tout de même peut-être poser problème dans le jeu. Se déclarer publiquement homosexuel alors qu’on vit ensemble tous les jours à poil… Le rugby, c’est des étreintes, quelques confidences aussi, je pense que cela demanderait un temps d’adaptation pour tout le monde et chacun, inconsciemment ou pas, doit avoir ça à l’esprit. J’imagine que c’est l’une des raisons pour lesquelles il est compliqué de faire son coming-out.»

L’INFOGRAPHIE DE LA SEMAINE
La chronique Terrains de Jeux l’avait déjà évoquée, voici l’infographie tirée des résultats de l’enquête réalisée en Australie sur les LGBT-phobies dans le sport.

LES CRIS DE LA SEMAINE
Dans The Tonight Show, Jimmy Fallon a proposé, au lendemain des Internationaux de France de Roland Garros, un florilège de cris de joueurs et joueuses sur fond de Beau Danube bleu de Johann Strauss.

https://youtu.be/avSuLWPelW0

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