Il avait écopé d’un blâme ainsi que d’une peine d’inéligibilité aux fonctions ordinales du Conseil de l’Ordre des médecins en septembre 2013 après des propos homophobes associant les homosexuelles à des «gays femelles», tenus lors d’une conférence de presse en octobre 2012. En appel devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des médecins le 20 mai dernier, François Commeihnes, sénateur Les Républicains de l’Hérault et maire de Sète, a été de nouveau sanctionné par ses pairs dans une décision rendue publique lundi 8 juin.

Mais la sanction est moins lourde, puisqu’elle a été réformée, supprimant le blâme au profit d’un avertissement qui «interdit au Dr François Commeinhes d’appartenir à un Conseil de l’Ordre pendant trois ans», selon l’Association des familles homoparentales (ADFH). Les propos «même si j’ai beaucoup d’amis gays et que j’ai accouché des gays femelles, je ne vois pas ce que ça apporte sinon une couverture sociale», exprimés en plein débat sur le mariage pour tous, relevant des dispositions du Code de la santé publique selon la chambre disciplinaire.

«DES PROPOS QUI DÉCONSIDÈRENT LA PROFESSION»
Sur le fond, la chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des médecins reconnaît cependant que les propos tenus par le sénateur Les Républicains «déconsidèrent la profession», notamment parce que «l’exercice de responsabilités politiques ne fait pas échapper le médecin au droit disciplinaire de sa profession». Elle reconnaît par ailleurs que le maire de Sète a utilisé «un vocabulaire particulièrement blessant pour qualifier les femmes homosexuelles». L’ADFH, à l’origine en 2012 de la plainte devant la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon en première instance, a par ailleurs réagi dans un communiqué ce mercredi pour annoncer la sanction.

«Pour se justifier lors de l’audience du 20 mai dernier, l’avocat du médecin, Me Scheuer, a notamment cité un extrait de l’auteur Louis-Ferdinand Céline où la femme y est décrite comme une femelle, écrit l’association présidée par Alexandre Urwizc. On appréciera le procédé de l’avocat qui consiste à reprendre une citation d’un auteur aux pamphlets antisémites pour justifier le discours homophobe de son client». La décision peut encore faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’État. En 2012, les propos de François Commeinhes avaient été désignés «déclaration homophobe de l’année» sur Yagg, ex-aequo avec une sortie de Benoît XVI.