L’équipe de foot des Samoa américaines, un petit archipel du Pacifique qui compte 55000 habitant.e.s, est la «pire équipe du monde». Elle n’a jamais gagné un match officiel, ni marqué le moindre but. Pire, elle détient le record de la plus grosse défaite de l’histoire de ce sport: 31-0 face à l’Australie. Nicky, le goal qui a encaissé tous ces buts, en fait toujours des cauchemars la nuit. À l’approche des jeux du Pacifique Sud et des qualifications pour la coupe du monde 2014, les officiels et l’équipe, composée uniquement d’amateur.e.s, ne veulent pas baisser les bras.

Dans ce documentaire, d’une facture assez classique pour le genre, c’est une femme qui crève l’écran. Une femme trans’, Jaiyah (à droite sur la photo), qui va devenir la première femme trans’ à participer à une compétition officielle de football. Elle n’est pas la meilleure techniquement, mais son envie de jouer, de gagner, sa bonne humeur, en font un atout essentiel pour l’équipe, comme le comprend rapidement Thomas Rongen, le rugueux coach néerlandais qui vient prêter main forte.

Jaiyah se définit comme une «fa’afafine», le troisième genre Samoa. Elle est parfaitement intégrée dans son équipe. Mais le documentaire ne dit rien sur sa vie affective ou sa vie en dehors du foot, comme elle le fait pour certains autres joueurs. Peut-elle aimer qui elle le souhaite et bénéficier des mêmes droits que ses concitoyen.ne.s? On sait seulement que sur la feuille de match, c’est encore son nom de naissance qui est marqué (lire aussi Jaiyah Saelua, première joueuse de foot trans’: «Je préfère le foot pro féminin car c’est plus technique»).

LE PROCHAIN QUI MARQUE A GAGNÉ
Le titre anglais du film est Next goal wins: «le prochain qui marque a gagné». De fait, l’équipe des Samoa américaines ne rêve pas de gagner la Coupe du Monde, juste de retrouver sa dignité. Lors de l’avant-première organisée par Yagg au Gaumont Opéra , les spectatrices et spectateurs ont tour à tour vibré, ri, applaudi ou pleuré devant le récit de cette formidable aventure humaine. À l’heure où la FIFA croule sous les scandales, la «pire équipe du monde» est peut-être la seule à avoir conservé l’esprit originel du sport: se dépasser, ensemble, simplement pour la beauté du jeu.

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Une équipe de rêve, de Mike Brett et Steve Jamison.