D’une pierre, deux coups. À moins de deux semaines de la victoire du «oui» au référendum qui a ouvert le mariage aux couples de personnes de même sexe, le 23 mai dernier, l’Irlande est sur le point d’avancer sur un autre pan des droits des personnes LGBT: les droits des trans’. Mercredi 3 juin, après avoir présenté une première version du texte en décembre 2014, le gouvernement irlandais a approuvé le Gender Recognition Bill qui permettra aux personnes trans’ de ne plus demander de certificats médicaux pour obtenir le changement de la mention du genre sur l’état civil, informe The Irish Times.

SUPPRESSION DE LA CLAUSE DE DIVORCE
Ainsi modifié, le projet de loi, qui doit poursuivre son parcours législatif au Parlement dès le 17 juin prochain, prévoit que les personnes trans’ et intersexes de plus de 18 ans qui souhaitent faire modifier leur état civil n’auront plus besoin de l’avis de leur psychiatre ou de leur endocrinologue. Une procédure d’auto-déclaration ou auto-détermination devant l’officier d’état civil qui ne sera pas valable pour les jeunes trans’, même à 16 ou 17 ans.

La très polémique clause de divorce obligatoire qui prévoyait qu’une personne trans’ qui souhaitait changer la mention de son genre sur l’état civil divorce, a, elle, été supprimée. Une avancée permise par l’adoption du mariage égalitaire, le 23 mai, une barrière constitutionnelle auparavant. Le réseau trans’ Transgender Equality Network Irland (TENI), s’est d’ailleurs félicité dans un communiqué le 3 juin au soir de la mise en place d’une procédure d’auto-déclaration pour obtenir le changement de la mention du genre sur les documents d’identités, et parle d’«un grand pas en avant» qui place l’Irlande parmi les pays les plus avancés en la matière.

EN EUROPE, LA RECONNAISSANCE DES PERSONNES TRANS’ S’ACCÉLÈRE
Dans le reste de l’Europe, la reconnaissance des personnes trans’ et de leurs droits s’accélère. En avril dernier, la Norvège a pour sa part annoncé vouloir faciliter le changement d’état civil, tandis que Malte a adopté une des lois les plus progressistes au monde, le Gender Identity, Gender Expression and Sex Characteristics Act, aussi novatrice que la loi argentine de 2012.

En 2012, le Danemark s’était également inspiré de l’Argentine pour légiférer, mais comme le rappelle l’Intergroupe pour les droits LGBT au Parlement européen, 11 États membres de l’Union européenne exigent toujours une stérilisation des personnes transgenres avant obtention d’un nouvel état civil. Au premier rang desquels, la France.