[mise à jour, 16 heures] Ajout d’Amnesty International.

Pour la dixième année consécutive, la mairie de Moscou a interdit la tenue d’une gay pride dans le centre-ville de la capitale russe… ce qui n’a pas empêché une nouvelle fois les militant.e.s LGBT de se rassembler samedi 30 mai à proximité de l’Hôtel de ville. Comme de coutume, les autorités sont intervenues pour empêcher cette manifestation non autorisée.

L’an dernier à bord d’une voiture aux couleurs de l’arc-en-ciel, le militant Nikolai Alekseev a cette fois fait irruption sur un quad agitant des fumigènes rouges. Rapidement intercepté avec le conducteur du véhicule Vadim Gruzdev, il a été emmené manu militari par les forces de l’ordre. Des militant.e.s homophobes s’en sont aussi pris violemment aux manifestant.e.s en leur jetant des œufs et en les aspergeant de bombe lacrymogènes. Au moins 14 personnes ont été arrêtées. Nikolai Alekseev a lui aussi été emmené par la police et transporté à l’hôpital. Jugé ce matin au tribunal du district de Tverskoï avec deux autres militant.e.s pour manifestation illégale et pour refus d’obtempérer aux ordres de la police, il a été condamné à dix jours de prison, de même que le conducteur du quad.

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Suite à ces condamnations, qu’il estime «incompréhensibles», le comité d’organisation de la Moscow Pride a demandé à Amnesty International d’ajouter les noms de Nikolai Alekseev et Vadim Gruzdev à sa liste de prisonnièr.e.s d’opinion.

UN RETOUR DES VIOLENCES HOMOPHOBES?
L’an dernier, les militant.e.s LGBT avaient noté avec satisfaction l’absence des groupes néo-nationalistes lors de leur manifestation, même si les forces de l’ordre avaient malgré tout empêché le rassemblement et arrêter plusieurs d’en eux/elles. La présence de plusieurs extrémistes venus spécialement pour les empêcher de manifester dans l’espace public signifie-t-il un regain des violences à l’encontre des personnes LGBT?