[mise à jour] précision sur la cérémonie

Depuis la reconnaissance, en 2005, par Jacques Chirac, alors président de la République, de la déportation pour motif d’homosexualité, des associations homosexuelles ont été admises pour commémorer, aux côtés des autres organisations, le souvenir de cette déportation, le dernier dimanche d’avril. Ce ne sera pas le cas, demain dimanche, pour le Centre LGBT Touraine qui s’est vu exclu, par le Préfet d’Indre-et-Loire, de la cérémonie officielle de dépôt de gerbe.

Cette année, le Centre LGBT Touraine avait reçu le soutien d’élu.e.s, dont celui du maire UMP de la ville, Serge Barbary. Mais, à la différence de ce qui se fait dans de nombreuses villes en France (Orléans, Poitiers, Saintes, Angoulême, La Rochelle, Rennes) mais aussi à l’étranger (photo ci-dessus, à Amsterdam), la cérémonie officielle tourangelle ne sera pas accessible à cette association. Selon France Bleu Touraine, trois des cinq associations de déportés présentes en Touraine s’opposent à cette présence. Le préfet d’Indre-et-Loire les a suivies et a décidé de ne pas inviter de représentant.e.s de la communauté homosexuelle.

SAISIE DU DÉFENSEUR DES DROITS
Dans un communiqué, le Centre LGBT Touraine «condamne fermement le maintien de cette discrimination et constate amèrement que l’homophobie ordinaire qui a conduit tant d’hommes et de femmes en déportation empêche encore, 70 ans après la libération des camps, une reconnaissance pleine et entière de toutes les victimes. Dans cette situation l’association a pris la décision de saisir le Défenseur des Droits et étudie en ce moment même les possibilités de recours juridique.»

Le Centre LGBT précise qu’il déposera une gerbe place Anatole France, à l’issue de la cérémonie officielle, «en mémoire de tous les déportés, sans distinction.»

En 2007 s’est tenu à Dijon un colloque interdisciplinaire sur la question de la déportation pour motif d’homosexualité et en 2011, Mikaël Bertrand dirige un ouvrage sur la question qui établit que 62 hommes homosexuels français furent déportés pour motif d’homosexualité. Mais comme l’expliquait sur Yagg Régis Schlagdenhauffen, organisateur d’un colloque sur cette question en mars dernier, il y a encore beaucoup de travail à faire pour appréhender une réalité complexe.