Depuis quelques semaines, le feuilleton de la nomination de l’ambassadeur de France au Vatican passionne les foules. Pourtant, comme l’a très vite souligné Yagg et comme le démontre une nouvelle fois Arrêt sur images, en réalité, rien n’est sûr. On sait juste qu’il y a un problème. Et que le nom proposé par la France est celui de Laurent Stefanini.

Celui-ci serait ouvertement homosexuel, mais aucun article n’indique où ni quand il l’a dit publiquement. Interrogé la semaine dernière sur la question, Stéphane Le Foll a habilement contourné le problème (lire Ambassadeur au Vatican: «La position de la France ne change pas»). Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, ne s’est embarrassé de telles précautions sur RTL le 22 avril, jugeant le Vatican «mal placé pour refuser les homosexuels». L’orientation sexuelle de Laurent Stefanini n’a jamais été officiellement mentionnée et pourrait d’ailleurs ne pas être la véritable motivation du refus, à en croire le blog Vatican Insider du quotidien italien La Stampa. Un refus qui n’est de toute façon toujours pas acté.

Le Canard enchaîné affirmait mercredi que Laurent Stefanini avait été reçu pendant un quart d’heure par le pape François, qui lui aurait signifié son refus de l’agréer. L’agence d’informations spécialisée sur le Vatican I. Média parle, elle, d’un entretien de 40 minutes, «dans un climat particulièrement cordial, voire affectueux et emprunt de spiritualité», dont le but était de permettre au pape de mieux connaître le candidat de la France, et à l’issue duquel il n’aurait donné aucune réponse à la demande d’agrément.

Selon l’AFP, indique Arrêt sur images, la Curie serait favorable à cette nomination, mais le pape François s’y opposerait. Pour d’autres, ce serait l’inverse. Comme l’écrit Daniel Schneidermann, «la vaticanologie est un désespoir pour décodeurs». Les faits ne sont pas plus clairs en ce qui concerne l’intervention ou non de Ludovine de la Rochère, présidente de la «Manif pour tous», dont le Journal du Dimanche croyait savoir qu’elle aurait joué un rôle, ce qu’elle dément.

«Bref, on ne sait pas grand chose», conclut Arrêt sur images.