Si, au cinéma, vous n’aimez QUE l’hémoglobine, les effets spéciaux et les héros et héroïnes survitaminé.e.s (et pourquoi pas), vous n’apprécierez sans doute pas Le Dos rouge, le nouveau film d’Antoine Barraud, que nous avons interviewé. Mais si vous aimez (aussi) les acteurs et les actrices, le cinéma d’auteur, la peinture, le réalisateur Bertrand Bonello (Saint Laurent), alors courrez voir ce film d’une folle originalité.

À l’instar de son réalisateur, qui n’aime pas résumer son film, nous n’essaierons pas de vous livrer le pitch du Dos rouge. Ce que l’on peut dire, c’est que ce film a mis quatre ans à se faire et qu’Antoine Barraud avait une idée de départ: donner envie de regarder la peinture. Alors, il a filmé des tableaux, des sculptures, des œuvres étranges, des peintures anciennes (le sublime Mort de la Vierge, du Caravage) ou des tableaux de peintres modernes (Balthus, Bacon, Miro). Bertrand Bonello, un réalisateur qui est à la recherche d’inspiration pour son nouveau film, visite des musées en compagnie de spécialistes (géniale Jeanne Balibar, étonnante Géraldine Pailhas), passe des soirées pas très sages entre ami.e.s (bonheur de revoir Pascal Greggory), chante avec sa femme (formidable Joana Preiss), répond à un journaliste fan transi (étonnant Nicolas Maury).

Dans le cinéma d’Antoine Barraud, les frontières du genre semblent abolies. Le réalisateur laisse volontiers au spectateur le soin de trouver le sens du film, de créer lui-même «son» film. C’est en cela que Le Dos rouge est un film puissamment jubilatoire.

Le Dos rouge d’Antoine Barraud, en salles mercredi 22 avril.

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