Stockholm, dans les années 80. Un groupe d’amis gays se réunit chaque Noël chez Paul, un homo juif flamboyant. Lors de l’un de ces dîners, Rasmus, gueule d’ange aux cheveux bouclés, rencontre Benjamin, un témoin de Jéhovah, qui tente de concilier sa religion et son homosexualité. Le coup de foudre est immédiat. Leur bonheur et celui de leurs amis seront brisés par le sida, qui commence à faire des ravages.

Snö («neige» en français), est tiré d’une trilogie d’un écrivain suédois, Jonas Gardell, intitulée N’essuie jamais les larmes sans porter de gants. Adaptée au format mini-série de trois épisodes d’une heure chacun, cette fresque dépeint avec beaucoup de justesse l’arrivée du sida, cette «nouvelle peste», dans la capitale suédoise.

TRISTESSE ET COLÈRE
Construite avec beaucoup de dextérité et de poésie sur d’incessants allers et retours entre le présent et le passé des personnages, Snö ne laisse pas indifférent.e. Ces histoires-là ont beau avoir déjà été beaucoup racontées, dans des pièces, des films, des séries, ou des documentaires, elles touchent et révoltent toujours autant. Difficile de ne pas avoir le cœur serré en effet devant le destin de Rasmus, Benjamin, Paul et les autres. «Je n’ai que 22 ans, c’est injuste!», s’écrie Rasmus lorsqu’il ressent les premiers symptômes de la maladie qui va l’emporter. Difficile aussi de réprimer un sentiment de colère face à la solitude, les préjugés et la honte qu’ont dû subir les malades au cours de leur vie, de leur maladie et même après leur mort. Plusieurs scènes d’enterrement montrent ainsi les familles tenter de gommer l’homosexualité du défunt, en lui inventant une petite amie imaginaire, en ignorant ou rejetant carrément le compagnon de leur enfant ou de leur frère décédé. Heureusement, certains, comme Paul, peuvent partir comme ils ont toujours vécu: avec panache, et une bonne dose de follitude, entourés de leur famille biologique et mais également de leurs amis, leur famille choisie.

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Snö, distribué par Outplay, a reçu les Prix du public au festivals Séries Mania et Marais film festival.