Le 12 avril, Verônica Bolina, une femme trans’ noire, est arrêtée par la police de São Paulo après une altercation avec une autre femme dans son immeuble. Pendant qu’elle est conduite en cellule (dans une prison pour hommes), une dispute éclate entre elle et un policier, qui dégénère en bagarre, au cours de laquelle elle lui arrache une moitié d’oreille. Il semblerait qu’elle ait alors été passée à tabac par plusieurs policiers, comme en témoigne une photo qui la montre menottée, seins nus, les cheveux rasés, défigurée par les coups.

«Verônica était sous la responsabilité de l’État dans une cellule du commissariat. Le même État qui a signé et ratifié la Convention américaine relation aux droits de l’Homme (…). Les agents de l’État ne peuvent, pour aucune raison, violer les droits des personnes qui sont sous leur garde, rappelle le député ouvertement gay Jean Wyllys sur Facebook. Même si Verônica est accusée d’un crime quel qu’il soit, elle doit être soumise à la Justice, pas à la torture. Chacun. a doit à un procès régulier, et non à l’exposition lâche de son corps meurtri sur des photos prises par une police sadique.»

Soulignant que le Brésil est l’un des pays les plus dangereux pour les personnes LGBT et en particulier pour les personnes trans’ («Dans l’État dans lequel j’ai été élu, les crimes de haine motivés par la transphobie tuent une personne travestie ou transsexuelle par jour»), l’homme politique déplore aussi que la loi sur le féminicide adoptée il y a peu ait écarté les femmes trans’, qui n’ont droit «ni à un nom, ni à une identité, ni à la dignité, ni à la protection», et encore moins «à la reconnaissance». La situation est encore plus terrible pour les personnes qui sont à la fois trans’ et noires, comme l’a montré un rapport de l’ONG Global Rights.

Une page de soutien a été lancée sur Facebook. Sur les réseaux sociaux, ce soutien s’exprime aussi par le hashtag #SomosTodasVeronica.

Via Claudia.