On peut reconnaître au moins une qualité à Hervé Mariton: il est cohérent, et ne change pas d’avis en fonction du vent. Le député de la Drôme était l’invité hier, mardi 14 avril, d’i>Télé pour parler notamment de la mue de l’UMP – qui devrait très bientôt s’appeler Les Républicains.

Parmi les autres sujets abordés, le mariage pour tou.te.s. Après avoir férocement mené, avec d’autres, l’opposition contre la loi Taubira à l’Assemblée, Hervé Mariton n’a toujours pas digéré l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Voici ce qu’il en dit, près de deux ans après l’adoption du texte par le Parlement (à partir de 4’15):

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur L’invité politique d’Olivier Galzi du 14/04/2015

«J’ai dit clairement que j’étais favorable à l’abrogation, je reste favorable à l’abrogation. (…) C’est pour moi un élément déterminant, mais je ne suis pas quelqu’un qui soit sur un seul sujet. Le sujet est important, je suis par ailleurs un libéral, un libéral assumé. J’avais dit que j’étais favorable à voter la loi Macron. Très franchement, quand Nicolas Sarkozy il y a quelques jours a critiqué vivement la mise en place de cette souplesse introduite sous sa présidence qu’est l’auto-entrepreneur, j’ai trouvé que ce n’était pas top. (…) [L’abrogation du mariage pour tous] est pour moi un élément très important mais vous ne m’enfermerez pas dans une offre politique monosujet», a-t-il rétorqué au journaliste Olivier Galzi qui voulait savoir si l’inclusion ou non de cette abrogation dans le programme de l’UMP motiverait la participation d’Hervé Mariton à la primaire de son parti.

En novembre 2014, sous la pression de la foule, Nicolas Sarkozy se disait aussi favorable à une abrogation de la loi Taubira (lire Ça y est, Nicolas Sarkozy l’a dit: il veut abroger la loi sur le mariage pour tous et De François Hollande à Vincent Boileau-Autin, les réactions au discours de Nicolas Sarkozy). Quelques semaines plus tôt, Alain Juppé, déjà candidat à la primaire UMP, estimait que «ceux qui racontent qu’on reviendra en arrière et qu’on annulera cette loi racontent des sornettes. On ne le fera pas.»

En janvier dernier, une étude du Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof) montrait que le nombre de Français.es favorables à une abrogation était de 33%, soit 4% de moins qu’en décembre 2013.