Le décès soudain de Richard Descoings, ancien directeur de Sciences Po Paris, le 3 avril 2012, avait causé un dilemme à celles et ceux qui étaient chargé de chroniquer sa mort (lire Mort de Richard Descoings, directeur de Sciences Po). Fallait-il évoquer son homosexualité, alors qu’il était marié à une femme et qu’il parlait de sa «prétendue homosexualité» à la presse? Ne pas en parler ne serait-il pas malhonnête? Une polémique avait alors éclaté. Certain.e.s, comme le journaliste Patrick Thévenin, avaient accusé Richard Descoings d’être «homo pour les puissants, hétérosexuel pour les autres». D’autres, dont l’écrivain Arthur Dreyfus, s’étaient élevé.e.s contre ce procès. Sur Yagg, Najat Vallaud-Belkacem, alors porte-parole du candidat François Hollande, avait jugé ces débats «exécrables».

Journaliste au Monde, Raphaëlle Bacqué publie ce mercredi une biographie de Richard Descoings, intitulée Richie. Dans les bonnes feuilles publiées par le JDD, plus de place au doute. La journaliste y évoque sans détour la relation de l’ancien directeur de Sciences Po avec Guillaume Pépy, président de la SNCF:

«La vie avec Guillaume Pepy a pris une autre tournure. Les jeunes chargés de mission, les secrétaires entendent parfois à travers la cloison des bureaux leurs violentes disputes. Jouant avec les cœurs, Richie est sans cesse happé par d’autres conquêtes, par des orgies d’alcool. À la SNCF, Guillaume s’assomme de travail, enchaîne des longueurs de piscine le matin avant de plonger dans les réunions de travail et les négociations avec les cheminots. Personne ne se doute de l’enfer qu’il vit. “Quand je m’endors, j’entends les trains”, dit-il en souriant à ses collaborateurs.»

Guillaume Pepy n’a jamais évoqué publiquement son homosexualité.