Dans les travées du Printemps des associations, samedi 12 avril, la nouvelle s’est très vite répandue et a provoqué un choc. Marc Naimark s’est donné la mort jeudi 10 avril, à Paris. Militant gay américain installé en France et engagé dans les Gay Games depuis 1998, Marc a marqué toutes celles et ceux qui l’ont connu.

Marc Naimark n’était pas du genre à se mettre en avant, c’est souvent ce qui ressort des témoignages. Pourtant, il a œuvré dans l’ombre pour faire avancer la visibilité des LGBT, notamment dans le sport.

Dans un communiqué publié sur Faceboook, la Fédération des Gay Games rappelle qu’il s’y était investi dès 1998. «La Fédération des Gay Games et les Gay Games ont bénéficié de ses nombreuses idées et initiatives», indique-t-elle. Féru d’Internet, Marc Naimark avait notamment travaillé à accroitre la notoriété des Gay Games sur les réseaux sociaux. Le sport LGBT, c’était une passion pour Marc, comme le souligne sur Facebook Manuel Picaud, le président de Paris 2018, qui l’a bien connu: «Il en est devenu l’un des plus fervents avocats, toujours prompt à diffuser le message d’inclusion de ce mouvement et à remettre en cause toutes les atteintes à la liberté et à l’égalité. Militant, Marc l’était au quotidien, multipliant ses aides à tous ceux qui l’acceptaient, dans son quartier, au Coq Muslcé dont il était l’un des animateurs principaux, à la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne qu’il venait de représenter à nouveau à la Fédération internationale des Gay Games, où il a joué un rôle déterminant ces dix dernières années, et bien sûr à Paris 2018.»

Sur la photo que nous avons choisie pour illustrer cet article, on voit Marc Naimark (au 2e plan, à gauche), lors d’une rencontre le 14 février 2014 avec la ministre des Sports de l’époque, Valérie Fourneyron, qui recevait des représentants de la Fédération des Gay Games et de Paris 2018.

Cette image de grand dévouement, c’est aussi celle que garde Brahim Naït-Balk, qui anime chaque semaine Homomicro. Il raconte pour Yagg sa rencontre avec Marc: «C’était au printemps 2014. Il était venu à Homomicro avec Manuel Picaud pour une émission consacrée aux Gay Games. Il est resté et s’est d’abord occupé d’une chronique sur le sport. C’est lui qui a ensuite entièrement refait le site web de l’émission et depuis plusieurs mois, il en était devenu le rédacteur en chef, organisant les plateaux, invitant les intervenant.e.s, m’aidant sur toute la préparation.» Pour Brahim, Marc Naimark était «un chic type, qui avait du cœur». Mais selon Brahim, il ne parlait pas beaucoup de lui et les autres passaient toujours devant.

En 2011, Marc Naimark avait pris part au colloque organisé par la FSGL, en partenariat avec les universités de Lyon I et Montpellier, sur le thème «Sportifs homosexuels et homosexuels sportifs: l’homophobie en question!». Retrouvez-le dès le début de la vidéo ci-dessous:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Colloque FSGL (2/3): Le sport LGBT, c’est quoi?

Marc Naimark tenait aussi depuis quelques mois un blog sur Yagg, Un américain à Paris et publiait régulièrement des billets sur Slate.com.
À l’heure où nous publions cet article, nous ne savons pas où et quand Marc sera enterré. Dans son message, Manuel Picaud, pour Paris 2018, adresse sa sympathie à sa famille, sa sœur notamment, et à son ami Jimmy.

La rédaction de Yagg adresse aussi à ses proches ses condoléances attristées.