LE COMING-OUT DE LA SEMAINE
Une belle leçon d’empowerment cette lettre d’Angel McCoughtry postée sur Instagram, mercredi 1er avril. La basketteuse américaine fait un coming-out tonitruant mais un peu cryptique, postant sur Instagram une photo d’elle et de sa compagne Brande Elise: «Oui, nous avons été discriminées, écrit-elle. Nous avons perdu des ami.e.s! Des membres de la famille sont furieux! Ils disent que j’ai trahi ma religion! Je sais une chose: l’AMOUR est une magnifique sensation! Mon dernier club étranger a menacé de me licencier si je ne publiais pas une fausse attestation sur les réseaux sociaux indiquant que mon couple était un mensonge. Mais tout ce que je sais c’est que l’amour est une magnifique sensation! Je comprends, nous sommes dans le jugement et c’est humain, mais plus je parle à Dieu, moins je sens le jugement de l’homme, là-haut, même s’il en a le pouvoir! Il me dit de trébucher, apprendre et mûrir parce que c’est la vie. Mais de toujours garder un cœur pur et de totalement croire en lui. Tout ce que je sais, c’est que l’amour est une magnifique sensation et DIEU est amour.»

Âgée de 28 ans, Angel McCoughtry est double championne du monde (2010, 2014) et championne olympique avec les États-Unis, l’ailière évolue au Dream d’Atlanta depuis son entrée dans le basket professionnel, en 2009. Quand elle ne dispute pas le championnat américain, elle évoluait en Europe à Fenerbahçe qu’elle a quitté en février. Au moment de la rupture, elle évoquait des violations répétées de son contrat par le club, pour lequel elle jouait depuis 2010.

Avant ce coming-out officiel, Angel McCoughtry et Brande Elise ne cachaient pas pour autant leur relation. Toutes deux partagent régulièrement des instantanés de leur vie sur les réseaux sociaux et une vidéo publiée en novembre 2014 affirme qu’elles ont joyeusement célébré leurs fiançailles en Turquie. Et elles ont un chien baptisé Ruby Rose

Le championnat WNBA de basket reprend en juin. Atlanta commence par aller rencontrer les New York Liberty.

LE COMING-OUT DE LA SEMAINE (2)
Il est lutteur, Mike Pucillo a fait son coming-out. Dans un entretien au site TheOpenMat, il raconte son parcours vers l’air libre. Gay il est, il l’annonce en décembre 2013 à ses proches avant de le préciser dans un entretien.

Vu de France, le coming-out d’un lutteur universitaire peut paraître anecdotique. Aux États-Unis, ce sport est l’un des plus importants, surtout dans les écoles et les universités. Cette annonce peut vraiment contribuer à faire avancer les mentalités.

LES EXCUSES DE LA SEMAINE
Présentées à Nigel Owens, l’arbitre international de rugby, par l’auteur d’un tweet homophobe à l’issue du match Angleterre-France, le 21 mars, dans le Tournoi des VI Nations. La rencontre entre Owens et le contrevenant s’est passée sous l’égide de la police de Dyfed Powys: «La personne incriminée a réalisé sa bêtise et je suis sûr qu’il va apprendre de cette expérience», a indiqué Stuart Bell, inspecteur de la police de Dyfed Powys.

Dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Independent, l’arbitre souligne: «Aucune discrimination ne devrait avoir sa place dans le sport ou dans la société. J’ai été accepté par 99% du monde du rugby mais il y aura toujours ce 1%. Ils doivent savoir qu’ils ont totalement tort et parfois, il suffit juste que quelqu’un dise, “attends, tu ne peux pas faire ça”.»

Il explique qu’il n’a pas porté plainte contre le gamin de 18 ans qui a envoyé le tweet: «À quoi bon bousiller sa vie? Il a présenté des excuses en ligne et en personne. Le plus important, c’est qu’il a réalisé ce qu’il avait fait et les personnes qui ont signalé ce tweet l’ont aidé à prendre conscience de son acte.»

Beau témoignage, où Nigel Owens raconte aussi une histoire désormais si connue. Le malaise, la dépression, une tentative de suicide, l’air libre, finalement.

LA RÉPONSE DE LA SEMAINE
Évidemment, la chroniqueuse de Terrains de Jeux ne peut que jubiler devant ces 41 secondes de leçon d’humanité et de journalisme (lire «Ces pédés»: Une journaliste brésilienne remet un supporter à sa place). Au Brésil, le 25 mars, avant le match de football entre Palmeiras et le São Paulo FC, Gabriela Moreira, journaliste d’ESPN, interviewe un supporter de Palmeiras, qui s’emballe: «On s’attend à battre ces pédés, 2-1 pour Palmeiras, on va gagner».

L’expression homophobe («bixa») ne plait pas du tout à Gabriela Moreira: «Jeune homme je vais te dire quelque chose. Je ne sais pas si vous allez les battre, mais… “ces pédés”? Pas d’homophobie! Quel âge as-tu? 25 ans? S’il te plaît essaie de t’ouvrir un peu, modernise un peu ta pensée. On essaie?». Sa réaction quand elle entend l’expression est somptueuse. Cerise sur le gâteau, celle du collègue soufflé, en plateau.

LE COMMUNIQUÉ DE LA SEMAINE
Comme beaucoup, Mark Parker, PDG de Nike, n’apprécie pas du tout la loi homophobe votée dans l’Indiana et l’a fait savoir par voie de communiqué : «Nike se dresse fièrement pour l’inclusion de tou.te.s. Nous croyons que les lois devraient traiter les gens sur le même pied et les protéger de la discrimination. Nike s’est engagé avec d’autres sociétés pour contrecarrer des lois discriminantes dans l’Oregon et s’oppose à cette nouvelle loi dans l’Indiana qui est mauvaise pour nos employés, mauvaise pour nos clients, mauvaise pour les affaire, mauvaise pour toute la société. Nous espérons que l’Indiana va rapidement mettre un terme à cette loi».

LE T-SHIRT DE LA SEMAINE
Fièrement porté et partagé sur Twitter et sur Instagram par Abby Wambach et Megan Rapinoe, le t-shirt de la marque Wildfang, hommage à l’actrice ouvertement bie Evan Rachel Wood (lire Evan Rachel Wood dit oui à tout), vendu au profit de l’association Friends Of The Children qui accompagne les enfants qui en ont besoin pendant plus de 12 ans, que ce soit dans leur scolarité, la prévention des grossesses précoces ou pour lutter contre la délinquance juvénile. Trop fort le marketing.

Hell yea she would. @wearewildfang #evanrachelwould

Une photo publiée par Megan Rapinoe (@mrapinoe) le

 

LE DOCUMENTAIRE DE LA SEMAINE
Être homosexuel.e.l dans le monde du sport. De nombreux/ses athlètes out, de Martina Navratilova à Jason Collins, racontent leur coming-out et leur vie à l’extérieur du placard dans ce documentaire de Malcom Ingram, présenté au festival SXSW.

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L’ENTRETIEN DE LA SEMAINE
Beau succès pour la pièce de Robin Soans, Crouch, Touch, Pause, Engage, inspirée de l’histoire de Gareth Thomas. Elle tourne en Grande-Bretagne et fera une dernière longue escale à Londres du 20 juin au 20 juillet à l’Arcola Theatre.

L’ancien rugbyman, capitaine du Pays de Galles, s’en félicite dans cet entretien à PinkNews. Il revient sur son coming-out. Serait-il plus facile pour un jeune joueur de sortir du placard, interroge le journaliste? «J’aimerais pour le penser, répond Thomas. La peur que j’ai eue était due au fait que personne ne l’avait fait avant, donc je ne savais pas si j’allais être soutenu. Je n’avais aucune idée de la réaction des gens, des mes équipiers ou de la presse. Quand vous êtes la première personne à faire quelque chose, les gens ne savent pas comment réagir. J’ai traversé des moments difficiles, mais la majeure partie a été de bons moments, et j’aimerais croire que les gens peuvent voir cela et penser, “il l’a fait, il a traversé cela, il a continué à jouer, il n’y a pas perdu grand-chose, au contraire il a gagné beaucoup”. Je crois que mon histoire est positive, et que les gens peuvent se dire “oui, je peux le faire aussi”.»

LE TOURNOI DE LA SEMAINE
C’est parti pour le Tigaly, Tournoi international gay de Lyon, avec pour parrain le footballeur Sidney Govou. Du 3 au 6 avril, plus de 1000 participant.e.s sont attendu.e.s sur les bords du Rhône pour se mesurer en badminton, football, natation, handball, squash ou volley-ball.

LA QUESTION DE LA SEMAINE
Cristiano Ronaldo va-t-il être sanctionné pour s’être touché les testicules lors du Clasico (FC Barcelone-Madrid), dimanche 29 mars? L’attaquant madrilène, qui venait d’écoper d’un carton jaune pour simulation, s’est approché de l’arbitre, lui demandant s’il aimait ça, joignant donc le geste à la parole.

Attitude homophobe, a tempêté le journaliste José Joaquin Brotons: «C’est un acte homophobe, une provocation, un geste vulgaire de se toucher les parties génitales de façon inappropriée quand on est footballeur, d’autant plus sur un terrain devant 100000 téléspectateurs. (…) C’est un geste de mauvais goût, qui mérite une sanction.»

LES COUPLES DE LA SEMAINE
Beau reportage sur ESPN.com sur le premier tournoi de double rassemblant des couples mariés de même sexe dans la très gay-friendly Palm Springs, les 7 et 8 mars. La compétition de ce genre qui s’est tenue au Plaza Racquet Club sous l’égide du l’association de la Gay and Lesbian Tennis Association (GLTA) était pour la première fois appointée par la Fédération américaine de tennis (USTA).

L’HISTOIRE DE LA SEMAINE
Elle a aujourd’hui 80 ans, Renée Richards revient, dans un entretien à Reuters, sur sa lutte pour rejoindre le circuit féminin de tennis après sa transition. Une pionnière? Oui, mais parmi tant d’autres, explique-t-elle.

Celle qui fut notamment capitaine de l’équipe masculine de tennis de l’université de Yale avant sa transition s’était heurtée à de nombreuses portes fermées, avait subi des menaces. En 1976, elle s’était vu interdire de disputer l’US Open. Un an plus tard, la Cour suprême de New York lui accordait le droit d’intégrer le circuit féminin où elle a eu une carrière honorable à plus de 40 ans, se hissant à la 20e place mondiale en 1979. Billie Jean King a fait partie des artisan.e.s de cette intégration. La championne et fondatrice du circuit féminin (1973) alla trouver ses consœurs dont certaines étaient perplexes pour les convaincre d’accueillir Renee Richards: «Vous toutes qui êtes chagrinées aujourd’hui allez finir par voir en elle votre meilleure amie», leur a dit Billie Jean King. «Et ce fut le cas pour nombre d’entre elles», confirme-t-elle aujourd’hui.

LE FILM DE LA SEMAINE
Considéré par Robbie Rogers comme le meilleur dans la catégorie long-métrage sur le sport, Une équipe hors du commun (A League Of Their Own), film kick ass réalisé par Penny Marshall sur l’histoire de la ligue féminine de baseball créée pendant la deuxième guerre mondiale pour pallier l’absence des garçons. Avec Geena Davis, Lori Petty, Tom Hanks et Madonna. Bien d’accord avec Robbie qui se voit en Marla (jouée par Megan Cavanagh). À vous de voir.

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LE COUP DE GUEULE DE LA SEMAINE
Après Michael Sam, de la part d’un ancien joueur de NFL bisexuel. Ce dernier, qui a souhaité garder l’anonymat, a confié à TMZ qu’il s’est senti offensé quand il a entendu dire son collègue out déclarer que d’autres joueurs gays qui évoluent dans la ligue de football américain sont moins courageux parce qu’ils ne sont pas sortis du placard. «En tant qu’homme bisexuel, j’ai juste le sentiment que Michael Sam ne parle pas au nom de tous les hommes gays», déclare l’homme, qui affirme être out auprès de ses proches. Des propos qui auraient peut-être un peu plus de poids si l’auteur du coup de gueule l’avait fait ouvertement.

LA PAIRE DE LA SEMAINE
Après le patinage artistique, le tennis ou le biathlon, un nouveau sport aura ses épreuves mixtes, à la grande joie de Benoit Beaufils qui disputera en juillet les championnats du monde de natation dans la catégorie natation synchronisée aux côtés de Virginie Dedieu, triple championne du monde. La Fédération internationale de natation (Fina) en a accepté l’introduction de l’épreuve aux championnats du monde.

Champion de France junior de natation synchronisée, Benoît Beaufils, faute de compétitions, s’était exilé aux États-Unis où il apparaît dans des spectacles aquatiques, comme le raconte cet article de La Dépêche. Benoit Beaufils et Virginie Dedieu ont tous deux 36 ans, elle était partie en 2007 sur un magnifique coup d’éclat. Après avoir raccroché, elle était revenue pour remporter un troisième titre mondial en solo.

Contrairement aux apparences (costumes scintillant, pince-nez…), la natation synchronisée est beaucoup plus protéiforme. La Fina a introduit les épreuves par couples en 2000 dans des étapes de Coupe du monde. La France est l’une des pionnières en la matière qui organisait donc déjà en 1995 des championnats de France garçons. À la fin des années 1990, Paris Aquatique a ouvert une section natation synchronisée masculine. De Paris aux États-Unis où des athlètes militent aussi pour la reconnaissance de ce sport au masculin, l’idée s’est forgée et a donc pris corps sous la forme d’un duo. À quand des épreuves pour les hommes?

L’ÉMOTION DE LA SEMAINE
Hommage à Camille Muffat, mardi 31 mars, à l’ouverture des championnats de France en grand bassin à Limoges, avec la diffusion d’une longue vidéo, portrait de la championne française, l’une des victimes du crash de deux hélicoptères le 9 mars en Argentine sur le tournage de Dropped, émission d’aventure de TF1.

«Ça a fait un grand vide, a déclaré Florent Manaudou. On a essayé de faire au mieux, malheureusement, pour ne pas trop y penser pendant la préparation parce qu’on est aussi là pour performer. On va forcément y penser quand on sera sur le plot. C’est sûr que ça ne va pas être des championnats comme d’habitude».

Championne de France du 200 mètres 4 nages, Charlotte Bonnet s’est présentée sur le bassin chaussée de baskets de sa meilleure amie et a nagé avec de ses bonnets. Dans sa victoire, elle a raconté les moments qui ont précédé la course et le regard des gens, qu’elle n’arrive pas encore à gérer: «Il y a de la compassion et je n’aime pas ça même si je comprends qu’ils pensent à moi, qu’ils aimeraient me dire quelque chose et qu’ils n’osent pas. J’ai encore du mal…»

Yannick Agnel, ancien partenaire de Camille Muffat à Nice, a également annoncé qu’il nagerait pour elle. Comme quelques nageurs, Agnel trouve l’hommage un peu pesant: «Je savais qu’il y avait des photos de Camille ici. L’intention est louable, mais je trouve ça un peu glauque. Voilà», a-t-il expliqué.

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