Les enfants élevé.e.s par des parents LGBT sont-ils et elles si différents des autres? Ont-ils et elles plus de difficultés à l’école? Sont-ils et elles plus souvent homosexuel.le.s que les enfants élevé.e.s dans des familles hétéroparentales?

Si les fidèles internautes de Yagg se doutent des réponses, ce n’est pas le cas de tout le monde. George I. Karkour n’avait jamais rencontré de familles avec des parents LGBT avant de tourner À mes enfants: Un documentaire sur les familles avec des parents LGBT à Montréal. Pour son film, il a rencontré Geneviève Lanctot et Mélissa David, qui élèvent ensemble Zoé, 15 mois; Armand Aalamian et Andre Langlois, pères de Nour et Ella-Joy; Monica Bastien, présidente d’Aide aux trans du Québec (ATQ) et ses (grands) enfants Alex et Danielle; Danielle Julien, du département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), qui travaille depuis de longues années sur l’homoparentalité; Mona Greenbaum de la Coalition des familles LGBT et Marie Houzeau et David Platz du GRIS-Montréal (Groupe de recherche et d’intervention sociale).

Alors que le Canada a ouvert le mariage aux couples de même sexe en 2005, ce documentaire met en lumière à la fois les évolutions des dernières années et le travail qu’il reste à accomplir. «Il n’y a pas de problème pour aucune forme de parentalité s’il n’y a pas d’homophobie, résume Danielle Julien. Pour le reste, les parents [LGBT] rencontrent les mêmes problèmes que tous les parents.» Et pour lutter contre l’homophobie, il faut lutter contre le sexisme, souligne Marie Houzeau:

«Quand on creuse un peu ce qu’est l’homophobie, on se rend compte qu’elle s’abreuve aux mêmes racines que le sexisme. Pourquoi est-ce que l’homosexualité masculine dérange plus que l’homosexualité féminine? Pourquoi est-ce qu’au sein de l’homosexualité masculine ce sont les hommes dits efféminés qui dérangent plus que les hommes homosexuels dits masculins? Tout ça ce sont des preuves qu’en fait ce qui dérange dans l’homosexualité, principalement masculine évidemment, c’est qu’on regarde ces hommes-là comme délaissant leurs privilèges d’hommes pour intégrer dans leur façon d’être et dans leur vie des caractéristiques dites féminines et donc inférieures.»

Marie Houzeau suggère d’ailleurs à celles et ceux qui trouvent compliqué de mettre en place des programmes de lutte contre l’homophobie en milieu scolaire, en raison des résistances notamment des parents, de travailler sur le sexisme: «Parce que plus tu travailles sur le sexisme, plus tu vas avoir un impact direct sur l’homophobie.»

Regarder le documentaire:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur To My Children. À Mes Enfants. (Film)