«En Russie, nous faisons tout notre possible pour protéger les enfants contre les pédophiles. Cette loi ne vise pas l’homosexualité, elle vise la pédophilie.» C’est pour ces propos, rapportés par le quotidien néerlandais Volkskrant et relayés par le Britannique The Guardian, mais qu’il a toujours nié avoir tenus, que le chef d’orchestre russe Valery Gergiev a été la cible d’une action menée hier, lundi 23 mars, en début de soirée à Toulouse.

Directeur de l’Orchestre symphonique de Londres (LSO) depuis 2007 et de l’Orchestre philharmonique de Munich depuis le début de l’année 2015, Valery Gergiev devait se produire hier soir à la Halle aux grains avec l’orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg, avant de s’installer mercredi 25 et jeudi 26 à la Philarmonie de Paris. Les associations Arc en Ciel Toulouse, Act up Sud-Ouest et Jules et Julie (association LGBT étudiante de Toulouse) ont saisi cette occasion pour dénoncer les propos homophobes qui auraient été proférés par le chef d’orchestre, soutien officiel de Vladimir Poutine.

Une manifestation organisée par la liste électorale LGBT munichoise Rosa Liste avait déjà eu lieu le 18 décembre 2014 lors de la prise de fonctions de Valery Gergiev à l’orchestre philharmonique de Munich. Plusieurs lois homophobes et liberticides ont été promulguées en 2013, qui interdisent l’adoption d’enfants russes par des couples de même sexe étrangers et criminalisent la «propagande des relations sexuelles non traditionnelles» devant les mineur.e.s.

Dès novembre 2013, Valery Gergiev s’est défendu de tout propos homophobes par le biais de sa page Facebook «J’ai déjà dit que je ne discriminais personne, gay ou autre et je ne l’ai jamais fait. En tant que chef du Théâtre Mariinsky, c’est notre politique. C’est faux de suggérer que je puisse avoir soutenu une législation anti-gay, je suis pour l’égalité des droits».

«L’action a été incisive, se réjouit Michel Mégnin de l’association Arc en Ciel Toulouse. Une trentaine de personnes étaient présentes.» L’action a volontairement mobilisé peu de monde, afin de «ne perturber ni le concert ni le spectateur». Il n’y a pas eu de contact avec Valery Gergiev, les militant.e.s ont tracté et effectué un die-in, qui consiste à s’allonger sur le sol avec des pancartes représentant des tombes posées sur eux/elles.