A Mérida, la capitale de la Communauté autonome d’Estrémadure en Espagne, une loi sur l’égalité sociale pour les personnes LGBTI a été votée jeudi 19 mars. Le texte a été présenté au Parlement d’Estrémadure par le parti populaire local, qui détient la majorité à l’Assemblée, mais a fait l’unanimité chez les parlementaires. «Aujourd’hui l’histoire de l’Estrémadure va changer. Cette loi sera un moyen de rendre notre région plus tolérante», a déclaré Victor Casco, un des députés qui a porté le texte devant le Parlement local.

MEILLEUR ACCÈS AUX SOINS
La loi vise à protéger les personnes LGBTI sur le territoire de la région et permet d’assurer la procréation médicalement assistée pour les femmes lesbiennes et bisexuelles, ainsi qu’un meilleur accès aux soins pour les personnes trans’. Elle reconnaît par ailleurs la bisexualité, mais aussi la biphobie d’un point de vue législatif. Elle prévoit aussi l’instauration de sanctions économiques dans les cas de discrimination, pouvant aller de 3000 euros à 45000 euros d’amende.

EXPLOSION DE JOIE
Les associations présentes au Parlement au moment du vote, Fundación Triángulo, Aleas-IU et Extremadura Entiende, ont laissé exploser leur joie à l’issue de ce vote, saluant cette victoire historique, dans une région où il a longtemps été très difficile de vivre ouvertement son homosexualité. La nouvelle mesure implique que la région de l’Estrémadure s’investira désormais dans certaines dates commémoratives et les événements liés à la communauté. Durant la dictature, les personnes LGBT ont été la cible du régime avec la loi de Vagos y Maleantes, une ancienne loi criminalisant les vagabonds et les personnes considérées comme asociales. Elle fut modifié par Franco en 1954 pour y ajouter les personnes homosexuelles.

Le site d’informations El Diario a recueilli le témoignage d’un couple, Paulina et Encarnita, aujourd’hui âgées de 63 et 65 ans. Toutes deux ont quitté la région pour vivre à Barcelone et ne plus subir la pression sociale. Elles se sont rencontrées à Zorita en 1972. D’abord voisines, puis amies de plus en plus proches, leur relation a provoqué des commentaires et les a poussé à partir. «Cette loi nous permet d’être qui nous sommes», affirment-elles, heureuses de voir évoluer la loi et permettre aux nouvelles générations de la communauté LGBT de vivre ouvertement leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.