Avec trois autres personnes, Jazz Jennings est depuis peu l’un des visages de la campagne «See The Real Me» («Voyez la vraie moi», en français) lancée par la marque de soins pour la peau Clean & Clear. C’est la première fois qu’une adolescente trans’ est choisie pour une campagne promotionnelle d’une telle ampleur et les résultats sont déjà au rendez-vous: en trois jours, sa présentation vidéo a été vue plus de 680000 fois.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur See The Real Me – Jazz: Being Your True Self

«J’ai toujours su qui j’étais: une fille piégée dans un corps de garçon. Grandir en étant transgenre a été un combat, particulièrement au collège. Certaines personnes se saluaient en se faisant des hugs, mais moi, on me disait juste: “Salut”. Parfois, on parlait même de moi comme d’une chose. Alors je me suis renfermée. Mais cette année, j’ai décidé que les choses allaient changer et que j’allais sortir et me faire des ami.e.s. Pour la première fois, j’ai invité des amies à la maison, on a passé plus de temps ensemble, et pour moi ça a été un moment génial et ça l’est toujours. La vraie moi est joyeuse et fière d’être ce que je suis. Et je suis très heureuse d’être une fille parmi les autres. Je suis Jazz. Voyez la vraie moi.»

VISIBILITÉ
Entre son compte Instagram, sa chaîne YouTube et le livre pour enfants dont elle est l’auteure, Jazz Jennings n’en est pas à sa première apparition publique. Yagg avait déjà parlé d’elle en 2010, puis en 2013. C’est lorsqu’elle avait 6 ans que la famille de Jazz a autorisé celle-ci à avoir l’apparence qu’elle souhaite, pour le plus grand bonheur de la jeune fille. Distinguée par Time parmi les adolescent.e.s les plus influent.e.s en 2014, elle n’en finit pas de gagner en visibilité. Et sa popularité va sans doute continuer à croître puisque la chaîne TLC a annoncé que Jazz Jennings aura dans quelques mois une émission de télé-réalité consacrée à elle et à sa famille.

Ces avancées peuvent sembler superficielles et éloignées de la réalité faite de violences et de discriminations que connaissent des milliers de personnes trans’ à travers le monde. Mais l’histoire de Jazz fait évoluer les mentalités. En racontant son histoire, plusieurs médias ont profité de l’occasion pour rappeler que le taux de suicide des personnes trans’ est dix fois supérieur à celui de la population en général et que l’espérance de vie des personnes trans’ est moins élevée. À l’instar d’Autostraddle, on espère notamment que l’émission de télé-réalité dont Jazz fera l’objet permettra de faire savoir au plus grand nombre que des personnes trans’ existent, et qu’elles sont dignes du même respect que n’importe qui.