C’est une distinction en trois parties que le jury du Prix Pierre Guénin a décidé de décerner cette année lors de sa réunion du 11 mars. Le titre honorifique a été attribué à Jean-Paul Cluzel, président ouvertement gay de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais (RMN-GP), tandis que l’association des Homosexuel-le-s musulman-ne-s de France (HM2F) d’une part et Karine Espineira et Arnaud Alessandrin, auteur.e.s de la première étude sur la transphobie en France (lire Karine Espineira: «Les personnes trans’ ont tout intérêt à ne pas déclarer leur homosexualité au monde médical») se partageront la somme de 4000€ allouée par Pierre Guénin pour ce prix consacré à la lutte contre l’homophobie et pour l’égalité des droits.

«Haut-fonctionnaire, Jean-Paul Cluzel [également membre du comité de direction de LGNET, société éditrice de Yagg, ndlr] a notamment été directeur de l’Opéra de Paris, président de Radio France Internationale puis de Radio France, précise un communiqué du Prix Pierre Guénin et de SOS homophobie. Aujourd’hui, il occupe la fonction de président de la Réunion des musées nationaux et du Grand-Palais des Champs-Elysées. En lui octroyant ce prix, le jury du prix Pierre Guénin contre l’homophobie et pour l’égalité des droits a notamment souhaité récompenser les propos tenus par Jean-Paul Cluzel dans M, le magazine du Monde du 29 août 2014: “Je considère que, lorsqu’on occupe une position sociale supérieure, la vie privée n’existe plus et qu’il faut se montrer pour aider les jeunes gays vivant dans des milieux moins libéraux.” Dans un contexte de libération de la parole homophobe, cette déclaration exemplaire résume la vie d’un homme qui a toujours milité pour une grande visibilité des personnes LGBT et la reconnaissance de leurs droits.»

L’association HM2F est récompensée pour l’aide qu’elle apporte aux «lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’ musulman.ne.s à concilier leur orientation sexuelle et leur identité de genre avec leur foi religieuse». Quant aux sociologues Karine Espineira et Arnaud Alessandrin, c’est leur travail sur la transphobie, qui a donné lieu à la première étude sur le sujet en France, à l’initiative du Comité Idaho France et du think tank République et Diversité, qui est mis en avant.

«Le jury se félicite de ces distinctions qui permettent de mettre en avant des minorités souvent oubliées dans le combat contre les amalgames et les stéréotypes et pour une société plus égalitaire et inclusive», souligne le communiqué.

Le Prix Pierre Guénin contre l’homophobie et pour l’égalité des droits est décerné tous les ans depuis 2009, sous l’égide de SOS homophobie. C’est le seul prix de ce type en France. Il distingue une personne, un groupe de personnes ou un projet qui a particulièrement contribué à la lutte contre l’homophobie et à l’avancée des droits LGBT au cours de l’année passée. Le jury est composé du pionnier de la presse gay Pierre Guénin, Yohann Roszéwitch, président de SOS homophobie, Christophe Girard, maire du IVe arrondissement de Paris, Frank Delaval, directeur de cabinet du président d’une association caritative, Alexandre Benallaoua, directeur de la Petite Robe Noire – Didier Ludot, Judith Silberfeld, rédactrice en chef de Yagg, Didier Mesgard, journaliste, Fabrice Dupré, webmaster, Alain Burosse, réalisateur, Joëlle Matos, productrice, et Pierre et Gilles, photographes.