Selon The Advocate, chaque année plusieurs milliers de personnes LGBT effectuent une demande d’asile en Europe. Des demandeurs et demandeuses d’asile tentent de fuir leur pays, qui bien souvent pénalise encore l’homosexualité, et risquent leur vies pour atteindre l’Europe. Ils ou elles pensent que l’Union Européenne leur offrirait les mêmes protections juridiques que celles dont bénéficient les citoyen.ne.s de l’Union. Mais une fois arrivé.e.s, les espoirs s’effondrent car bien souvent les demandeurs et demandeuses d’asile ont comme cadeau de bienvenue une incarcération de plusieurs mois dans un centre de détention. Ils ou elles pensent arriver dans des pays où ils ou elles seront socialement accepté.e.s, mais ils ou elles sont discriminé.e.s, subissent des violences et dans certains cas sont abusé.e.s sexuellement dans les centres de détention.

UNE DIRECTIVE EUROPÉENNE
L’Union Européenne essaye pourtant de lutter contre ces traitements discriminants, en témoigne une directive européenne adoptée en 2004 (la directive 2004/83/CE). Elle stipule clairement que les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle sont qualifiées de réfugiées. Le but de cette directive était d’harmoniser les standards et les procédures de demande d’asile en Europe tout en garantissant un juste traitement des demandeurs et demandeuses d’asile LGBT.

«Il y a toujours un petit côté “loterie“ pour les demandeurs et demandeuses d’asile en Europe. On constate de grandes différences de traitement, c’est le cas des personnes LGBT», affirme Paul Dillane, directeur du UK Lesbian and Gay Immigration Group. Cette organisation aide les demandeurs et demandeuses d’asile LGBT qui arrivent au Royaume-Uni, elle leur fournit par exemple des informations ou une assistance juridique.

Selon la carte publiée par l’ILGA-Europe (European Region of the International Lesbian & Gay Association) le Royaume-Uni est le pays qui traite le mieux les personnes LGBTI en Europe. Mais en dépit de cette réputation, les demandeurs et demandeuses d’asile LGBT une fois arrivé.e.s sont retenu.e.s «indéfiniment» par le Home Office, le département ministériel responsable de l’immigration et de la sécurité.

«On détient[au Royaume-Uni] plus de demandeurs et demandeuses d’asile que dans les autres pays européens et contrairement aux autres pays nous n’avons pas de limite de temps», rapporte Paul Dillane. Pour lui un demandeur ou une demandeuse d’asile LGBT ne sait jamais quand il ou elle sortira de prison.

«Si vous êtes un criminel, que vous avez commis un crime, vous savez quand vous allez sortir de prison, vous faites un compte à rebours. Mais si vous êtes un demandeur d’asile gay, vous comptez les jours – souvent pendant des semaines ou des mois – parce que vous ne savez tout simplement pas quand vous serez relâchés. »

 

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