La date de lancement de la campagne n’a pas été choisie par hasard: un spot anti-mariage pour tous a été diffusé samedi 7 mars alors que la parade du Mardi Gras de Sydney, le plus important événement LGBT du pays, battait son plein.

«On parle beaucoup d’égalité devant le mariage, mais qu’en est-il de l’égalité pour les enfants?», interroge une mère de famille «traditionnelle» dans la vidéo. «Ce qu’on appelle l’égalité devant le mariage oblige un enfant à se passer de mère ou de père», lui répond David van Gend, médecin généraliste et président de l’Australian Marriage Forum (AMF), une précision absente de la vidéo. «Ce n’est pas l’égalité pour ces enfants. Ce n’est pas le mariage.»

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur ‪ »Marriage Equality? What about equality for kids? » – Australian Marriage Forum – March 2015 – YT‬

Si Channel 7 et 9 ont diffusé le spot, la chaîne publique SBS a refusé de faire de même, au grand dam de David van Gend, qui, cité par The Sydney Morning Herald, s’offusque de cette «censure» sur une chaîne financée par l’État.

Depuis que la vidéo a été dévoilée, une pétition demandait son retrait complet a été lancée sur Change.org, dénonçant le mal que de telles actions causent aux enfants qui vivent dans des familles homoparentales. De son côté, le NSW Gay and Lesbian Rights Lobby encourage à saisir l’Advertising Standards Bureau (l’équivalent de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité en France), rapporte le site LGBT Same Same.

Cité par The Age, le sénateur libéral Dean Smith, qui est ouvertement gay, estime néanmoins qu’il est indispensable de diffuser les spots «odieux» «parce qu’ils mettent à mal la cause qu’ils veulent défendre: leurs postions odieuses seront exposées». «Les partisan.e.s du mariage pour tous doivent se préparer à se contrer les arguments de celles et ceux qui ne sont pas du même avis.»

Jusqu’en décembre 2014, Dean Smith était opposé au mariage pour tous, pour des raisons politiques et religieuses. Mais après la mort de Tori Johnson lors de la prise d’otages qui a eu lieu mi-décembre à Sydney (lire À Sydney, la mort d’un héros de seconde classe), le sénateur a réalisé les conséquences de cette différence de traitement entre couples homos et couples hétéros. «S’ils avaient voulu se marier, cette possibilité leur a été refusée jusqu’au jour de la prise d’otages et leur est désormais inaccessible parce que Tori Johnson n’est plus là, déclarait-il alors. Lorsque j’ai compris cela, j’ai été submergé de tristesse parce que c’est quelque chose que je peux changer.»