Le Conseil national suisse – l’équivalent de l’Assemblée nationale française – avait examiné, en décembre dernier, une initiative populaire initiée par le Parti démocrate-chrétien (PDC), proposant en plus de nouvelles dispositions fiscales pour les couples mariés ou engagés dans un partenariat enregistré, d’inscrire dans la Constitution une définition du mariage comme une alliance hétérosexuelle. Le Parti démocrate-chrétien avait renoncé en février dernier à cette définition fermée du mariage.

Mais voilà, le PDC est revenu hier, le 5 mars 2015, sur sa décision et maintient sa première version du mariage en tant qu’«union durable et réglementée par la loi d’un homme et d’une femme». Le Conseil des États – l’équivalent du Sénat français – a rejeté, par 23 voix contre 20 et 1 abstention, l’initiative du PDC. Pourtant une élue du PDC s’était faite la porte-parole d’un compromis cher au PDC, prêt à faire un trait sur la définition du mariage pour revenir à l’essentiel de l’initiative, la fiscalité. Raté.

Les élu.e.s du Conseil des États se sont aligné.e.s sur la position du Conseil national en se prononçant en faveur du contre-projet, porté par les Verts libéraux et ne mentionnant pas la définition du mariage.

LE PEUPLE TRANCHERA
Mais il apparaît peu probable, selon les observateurs suisses, que le PDC retire son initiative au profit du contre-projet du Parlement. Il appartiendra donc au peuple de trancher en se prononçant sur les deux textes. Pour Didier Bonny, ancien conseiller municipal de la ville de Genève, il faut «continuer de se mobiliser pour remporter la deuxième manche, à savoir que le contre-projet obtienne également la majorité devant le peuple».

La discussion sur le mariage pour toutes et tous aura bien lieu en Suisse, relayant au second plan la question fiscale.