Les coulisses des Nations unies sont le théâtre d’un affrontement diplomatique entre la Russie et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Depuis 2004 les salarié.e.s homosexuel.le.s des Nations unies peuvent faire enregistrer leur mariage ou partenariat enregistré, mais à la condition restrictive qu’ils ou elles soient ressortissant.e.s d’un pays reconnaissant les unions des couples de même sexe. Ban Ki-moon a estimé qu’il s’agissait d’une discrimination entre couples homo et hétérosexuels, qu’il a décidé de supprimer en juin dernier. Il a ainsi permis l’extension des avantages dont bénéficient les employé.e.s de l’ONU (tels que le droit à une allocation familiale, rentes, voyages etc.) à leurs conjoint.e.s de même sexe.

Ce lundi, un diplomate russe a exigé le retrait «urgent» de ce décret. Selon lui, le secrétaire général viole le droit des États à décider du statut de leurs ressortissant.e.s. Cette opposition s’inscrit dans le combat mené par la Russie depuis plusieurs années contre les droits des personnes LGBT. En témoigne une série de dispositions législatives durcissant les peines relatives à l’homosexualité, considérée comme un crime jusqu’en 1993.

MOSCOU MÈNE CAMPAGNE
En pratique, Moscou ne dispose pas de veto pour censurer la décision du secrétaire général. Mais la Russie pourrait chercher à rassembler une majorité d’Etats membres pour bloquer cette disposition au sein du comité budgétaire de l’ONU. Et les États opposés aux droits LGBT ne manquent pas. Moscou le sait et mène campagne auprès d’eux notamment en distribuant, il y a quelques semaines de cela, un aide-mémoire dénonçant les efforts de Ban Ki-moon pour «saper les droits souverains des gouvernements à déterminer le cadre légal où vivent leur citoyens».

Selon Jessica Stern, directrice de l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC), «la Russie cherche tous les prétextes pour mettre à mal l’autorité du secrétaire général», considéré par Moscou comme trop pro-occidental.