Le Festival du Cinéma Vénézuélien en France se tient au cinéma Reflets Médicis à Paris du 4 au 10 mars. C’est un film LGBT, Tout n’est pas rose (Azul Y No Tan Rosa), qui est programmé en ouverture ce soir au cinéma L’Arlequin. Ce film, lauréat du prix Goya 2014, avait déjà été présenté au festival Chéries Chéris en novembre dernier et Cyril Legann, un des organisateurs de Chéries-Chéris, a pu rencontrer son réalisateur Miguel Ferrari.

MIGUEL FERRARI 2Comment vous est venu l’envie de faire ce film ? Il y a quelques années, lors du vote de la loi sur le mariage pour tous en Espagne, j’ai été surpris par le nombre de débats rétrogrades qui ont vu le jour dans les milieux les plus conservateurs de la société. J’ai cherché à me renseigner sur la situation en Amérique Latine et j’ai été alarmé par les témoignages de discriminations et de crimes homophobes. J’ai voulu écrire une histoire que traitait du droit pour toutes les personnes à être et à penser différemment. J’ai voulu parler de ces personnes que l’on n’entend jamais et qui subissent des préjugés de tout type. Le thème central de Tout n’est pas rose tourne autour de la relation entre un père et son fils qui se retrouvent et doivent apprendre à surmonter leurs différences. C’est une histoire qui parle d’amour, d’amitié, de la famille dans son sens le plus large. C’est une histoire fraiche et divertissante, mais qui n’en est pas moins profonde. Une histoire avec des personnages auxquels le spectateurs peur s’identifier, qui va rire avec eux et non pas «d’eux» , qu’il se dise qu’ils ne sont pas très différents de lui.

Quelle est la situation au Venezuela concernant l’évolution des droits LGBT ? Je crois que le Venezuela a encore beaucoup à faire à ce sujet. Je considère qu’on est en retard par rapport à d’autres pays sud-américains comme l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil, qui eux ont déjà une législation concernant le mariage [des couples de même sexe]. Outre une législation, je crois que c’est très important de mettre en marche des campagnes d’éducation et de sensibilisation pour la population afin d’avancer en matière de droits humains, en particulier dans l’acceptation de la diversité sexuelle au sein de la société civile. Au Venezuela,  il n’y a jamais eu de campagne pour éduquer la population sur un sujet aussi important que la sexualité. C’est toujours un tabou aujourd’hui et il faut créer une rupture avec beaucoup de mythes et de croyances qui existent autour de l’homosexualité et la transidentité. Aujourd’hui, je déplore qu’il n’y ait pas de volonté politique claire d’avancer sur ces sujets.

A-t-il été difficile de produire un film sur ce thème dans votre pays ?
Initialement, il y a eu pas mal de réticence de la part des financiers. Le chemin ne fut pas facile. Il y a beaucoup de préjugés et d’ignorance sur ces sujets.
Heureusement, à force de persévérance, nous avons fini par obtenir l’appui du Centre National de la Cinématographie du Venezuela, ce qui a permis de concrétiser le projet. Aujourd’hui, beaucoup sont surpris par le résultat et l’accueil positif qu’a reçu le film auprès des spectateurs vénézuéliens.

Pensez-vous qu’un film puisse changer les mentalités ? L’art sert à cela, il génère des émotions qui vont au delà de l’esthétique et de la forme. Il exprime l’essence même de l’être humain, et c’est pour ça qu’il est capable de le transformer. L’art est transformateur et universel.

Propos recueillis par Cyril Legann

Photos DR

Festival du Cinéma Vénézuélien en France, du 4 au 10 mars, au cinéma Reflets Médicis. Toutes les infos sur la page Facebook de l’événement.

Tout n’est par rose, présenté ce soir en ouverture du Festival au cinéma L’Arlequin, est disponible en DVD aux éditions Optimale.

La bande annonce de Tout n’est pas rose.

http://dai.ly/x2bb0e7?syndication=112212

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