Le vice-président du Front national Florian Philippot était l’invité ce matin du 7-9 de France Inter. Le journaliste Patrick Cohen en a profité pour le questionner sur l’«avalanche de propos racistes» relevés ces derniers temps chez plusieurs candidat.e.s aux départementales, avec parmi eux/elles, Chantal Clamer, candidate dans l’Ariège, dont plusieurs tweets lesbophobes et islamophobes ont été dévoilés cette semaine. «Comment les avez-vous recruté ces candidats?» s’interroge-t-il. «Nous avons 7650 candidats et candidates, nous sommes le parti le plus présent de France, défend Florian Philippot. Qu’il y ait quelques personnes qui ont eu des propos inacceptables, que l’on va chercher sur leur Facebook jusqu’en 2010, ce qui veut dire que les gens n’auraient pas le droit de changer?» «La plupart des déclarations sont récentes», indique Patrick Cohen. «J’ai fait le calcul, poursuit son invité, ça représente 0,08% de nos candidat.e.s, cela veut dire que nous avons 99,92% de nos candidat.e.s qui sont des hommes et des femmes de convictions (…) Quant au reste, ils passeront en commission de discipline et ils seront soit suspendus soit exclus.»

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LONGUE LISTE
Patrick Cohen s’attelle à énumérer la longue liste des candidat.e.s FN qui se sont fait connaître pour leurs propos, avec parmi eux Alexandre Larionov et ses propos antisémites, Sophie Touvron et des statuts Facebook racistes, Jacques Coutela, un admirateur du terroriste norvégien Anders Breivik autrefois suspendu mais investi par le FN pour les départementales, ou encore la fameuse Chantal Clamer. «Ça me scandalise autant que vous», affirme le vice président du FN qui entreprend alors de montrer que les partis d’en face ont eu les mêmes soucis: «Moi, je pourrais vous dire que l’UMP a investi quelqu’un en 2013 qui a été condamné pour emploi fictif en Moselle, qui avait utilisé les moyens d’une association d’aide aux personnes handicapées. Vous ne le direz pas. L’UMP a investi dans le Bas-Rhin un candidat qui avait été condamné en 2006 pour avoir fait brûlé des caravanes de Roms.» D’après Le Lab d’Europe 1, cette dernière accusation vise le maire d’Ensisheim, Michel Habig, et est un argument sorti de manière synchronisée par Louis Aliot au même moment sur RFI. «On trouve parce qu’on cherche, défend Florian Philippot. On cherche au Front national, c’est tout! Vous feriez la même chose avec les candidat.e.s du PS et de l’UMP, pensez-vous qu’ils/elles soient tous irréprochables?»

Alors que Florian Philippot peste qu’on ne parle pas de ces candidat.e.s irréprochables, Patrick Cohen lui rétorque que les trains «qui ne sont pas à l’heure» font l’actualité, et en l’occurrence ici, les «trains qui déraillent». «Nous réagissons quand nous avons des moutons noirs», réaffirme Florian Philippot, ce que rectifie le journaliste: «Vous les avez suspendu mais ils/elles restent candidat.e.s puisqu’il est trop tard pour les désinvestir, donc ils/elles vont rester candidat.e.s.» «S’ils sont élus, ils ne pourront pas se revendiquer du Front national», affirme Florian Philippot qui qualifie plus loin ces dérapages d’un «infime pourcentage de turpitudes»: «Quand vous avez 7650 candidat.e.s, vous ne pouvez pas avoir 7650 personnes parfaites. Je le regrette mais c’est comme ça et c’est comme ça dans tous les mouvements politiques.»

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«Ne pensez vous pas que la majeure partie de vos électeurs agissent par xénophobie? s’est inquiété plus tard le premier auditeur à intervenir pour questionner l’invité de l’émission. Réponse de Florian Philippot: «Je trouve cela méprisant de dire ça, affirme le vice président du FN, convaincu du contraire. «La critique systématique, cette espèce de haine vis-à-vis des électeurs du Front national, au bout d’un moment je ne me l’explique pas, ou je me l’explique par du racisme social. Parce que ce sont quoi? Ce sont des ouvriers, ce sont des employés, ce sont des petites gens, souvent. Ce sont des étudiants, ce sont des jeunes. Ça voudrait dire quoi ?Que ces électeurs n’ont pas de cerveau? Ils ne sont pas capables de raisonner, d’adhérer à un projet?» Plus tard, un autre auditeur émet l’hypothèse que le Front national a investi ces candidat.e.s en connaissance de cause pour ensuite pouvoir les «récuser» et «pratiquer une sorte de greenwashing». «Vous nous prêtez beaucoup plus de calcul et de machiavélisme que nous n’en avons», réfute Florian Philippot.