Le Royaume-Uni vient de devenir le premier pays au monde à autoriser la conception d’un bébé à partir de trois personnes. Concrètement, il s’agira de remplacer l’ADN mitochondrial d’un ovule par celui d’une autre femme, afin d’empêcher la transmission de certaines maladies. L’enfant à naître serait donc issu de deux femmes différentes et d’un homme. Avec 280 contre 45, la chambre des Lords a voté hier en faveur de cette modification de la loi sur la fécondation in vitro, qui devrait prendre effet à l’automne prochain. Les premières naissances devraient donc avoir lieu avant la fin de l’année 2016.

Lord Hove, ministre de la Santé a soutenu la mesure: «Les familles peuvent voir en la technologie un moyen de les aider et sont motivées à s’en emparer, a-t-il assuré. Il serait cruel et pervers selon moi, de les priver plus longtemps que nécessaire de cette opportunité.» Du côté des opposant.e.s à cette avancée, les organisations pro-vie et les instances religieuses ont appelé les Lords à la prudence et ont mis en garde contre cette loi qu’elles voient comme le début d’une «pente glissante» vers des dérives eugénistes.

ENCADREMENT RIGOUREUX
Des recherches ont montré que cette technique d’aide à la procréation pourrait aider pas moins de 2500 femmes. Sally Cheshire, directrice de la Human Fertilisation and Embryology Authority a de son côté fait savoir que cette autorisation à de nouvelles techniques de fécondation in vitro ne se ferait pas sans un encadrement rigoureux: «La HFEA va maintenant développer un processus d’autorisation solide, qui prendra en compte sur la base du cas par cas les complexités techniques et éthiques de tels traitements pour assurer que chaque enfant né aura toutes les chances d’être en bonne santé.»

Ce vote de la chambre des Lords intervient juste après que des chercheurs/euses de l’université de Cambridge aient montré que la possibilité d’avoir un enfant à partir des cellules de la peau de deux personnes serait envisageable d’ici deux ans. Elle permettrait alors aux couples de même sexe d’avoir un enfant qui soit biologiquement le leur.

Photo Mayo Clinic