En choisissant de faire vivre à l’internaute en caméra subjective quelques moments de la vie d’une personne trans’, l’organisation Transgender Europe (TGEU) est parvenue à capter et à retransmettre en quelques secondes ce qui ne devrait plus exister en Europe en 2015. Dans 34 pays du continent, la loi contraint les personnes trans’ qui souhaitent changer de nom ou de genre à divorcer, à être stérilisées ou à obtenir un certificat médical attestant qu’elles sont mentalement malades.

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«En raison de ces procédures humiliantes, plusieurs personnes trans’ ne sont pas en mesure – ou refusent – de faire changer leur nom légal ou leur genre, indique TGEU dans un communiqué. Cela signifie qu’elles ont un passeport et des documents d’identité qui ne correspondent pas à leur identité et à leur apparence. Quand il leur faut prouver leur identité, par exemple lors d’un voyage, de l’ouverture d’un compte en banque ou de la location d’un appartement, les personnes trans’ peuvent être forcées de dire qu’elles sont trans’, accusées de frauder, et devenir la cible d’humiliations, de discrimination et de violence.»

Pour la directrice exécutive de TGEU Julia Ehrt, «les États à travers l’Europe continuent à violer les droits des personnes trans’ en maintenant des pratiques inhumaines» qui forcent les personnes trans’ à vivre sans «la dignité et le respect» qui leur sont pourtant garantis en droit. L’organisation rappelle que le Danemark permet depuis plusieurs mois un changement d’état civil simplifié et que des avancées similaires sont attendues à Malte où le gouvernement prépare un projet de loi.

Cela fait maintenant un an que TGEU a lancé une campagne pour inciter les États à revoir leurs procédures et cette vidéo sous-titrée dans la plupart des langues parlées en Europe doit permettre d’amplifier le mouvement. En France, la stérilisation des personnes trans’ est toujours requise par les tribunaux.