Lors de l’avant-première de La Duchesse de Varsovie, organisée par Yagg au Gaumont Opéra mardi 24 février, les deux acteurs principaux, Alexandra Stewart et Andy Gillet, les deux acteurs du film, ont évoqué le plaisir qu’ils ont eu à tourner ce film original, qui ne ressemble à aucun autre.

Dans un Paris fantasmé recréé uniquement par des décors peints (sublime travail de la peintre Juliette Schwartz et de la décoratrice Chloé Cambournac), deux êtres se retrouvent: une grand-mère et son petit fils. Elle et lui ont du mal avec leur histoire familiale. Elle est d’origine polonaise et a connu l’horreur des camps, il est un peintre gay peu aimé de ses parents et il n’arrive plus à créer face au lourd secret familial. Joseph Morder s’est inspiré du récit de sa propre mère, qui fut déportée pendant la Seconde Guerre Mondiale.

INFINIE POÉSIE
Film sur la mémoire, La Duchesse de Varsovie confronte deux réalités. Mais sur des sujets difficiles, la déportation, la création, Joseph Morder a fait le pari de la légèreté contre le pathos, de la gravité contre la lourdeur. Film d’une infinie poésie, La Duchesse de Varsovie ne manque aussi pas d’humour avec parfois une bonne dose de malice (la séquence du film muet est un bijou).

Joseph Morder expliquait récemment à Yagg (voir son interview en vidéo) qu’il s’est inspiré des films qui ont bercé son enfance loin de la France (il est né en 1949 à Trinité et Tobago) et principalement les comédies musicales de Vicente Minnelli (Un Américain à Paris, Gigi) et les mélodrames de Douglas Sirk (Écrit sur du vent, Le Secret magnifique). Son film qu’il a voulu comme un hommage aux origines du cinématographe (voir son interview en vidéo) est aussi un hommage à ses deux acteurs. La magie du film tient non seulement dans le pari fou de les faire évoluer devant des toiles peintes mais aussi de leur offrir la possibilité d’exprimer leurs émotions par des regards, des silences, des gestes, filmés avec à la fois une grande assurance et une grâce fragile.

Alexandra Stewart, qui a tourné avec Godard, Chabrol, Truffaut et beaucoup d’autres, trouve dans le personnage de Nina un rôle magnifique et à sa mesure. Elle est tantôt impériale, tantôt fragile, souvent drôle, parfois d’une intense émotion. Mais sans grandiloquence. Andy Gillet est lui parfait en peintre en mal d’inspiration. D’inspiration, Joseph Morder, cinéaste du réel (il filme son journal de cinéma depuis plus de 40 ans) n’en manque pas et le prouve avec cette Duchesse qui devrait séduire celles et ceux qui, au cinéma, sont encore prêts à s’émouvoir.

La bande-annonce de La Duchesse de Varsovie

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