Étiquetée Front National, mais membre du micro-parti Souverainetés, Indépendance et Libertés (Siel), Chantal Clamer, candidate aux départementales dans l’Ariège, est au cœur de la polémique après des propos violemment islamophobes et lesbophobes postés de son compte Twitter il y a plus d’un an, qu’ont dénoncé des militant.e.s du Rassemblement à gauche, une alliance du Front de gauche et Europe Écologie Les Verts. Si le compte de Chantal Clamer a été désactivé, des captures circulent actuellement sur les réseaux sociaux:

DES TWEETS POSTÉS «PAR DES JEUNES» OU SOUS LE COUP DE L’ÉMOTION
Face à la vague d’indignation provoquée par la publication de ses tweets, cette ancienne candidate du Mouvement pour la France lors des législatives de 2007 a tenté de se justifier à La Dépêche: «Celui sur les lesbiennes a été posté depuis mon téléphone par des jeunes qui étaient venus passer l’après-midi chez moi. Concernant l’islam, c’est une réaction émotionnelle après avoir vu la vidéo d’une jeune femme traînée dans la rue à moitié décapitée»

Une défense qu’elle réitère dans un communiqué de presse, critiquant vertement les réactions de la gauche locale après ses différents tweets: «Mes adversaires politiques me prêtent en effet des propos à caractère raciste, relativement à l’islam. Dans mon expression publique, j’ai toujours dénoncé avec force l’islamisme radical et sa cohorte de dérives obscurantistes qui portent atteintes, en France mais aussi à l’étranger, à la sécurité des biens et des personnes, au principe de laïcité ainsi qu’à l’intégrité de nos modes de vie. (…) Par ailleurs, toujours de manière malveillante, le Rassemblement à Gauche m’attribue des propos homophobes que je récuse énergiquement, tout simplement parce que je n’en suis pas le véritable auteur!»

Si elle se défend de ne pas être pas à l’origine de ces tweets, Chantal Clamer les aura malgré tout laissé sur son compte un long moment. «J’ai des amis homosexuels que je reçois en duo, chez moi, sans problème», a-t-elle même ajouté après avoir été contacté par Metronews.

PAS D’EXCLUSION DE LA PART DU FN
Du côté du Front National, le candidat de Pamiers Aimé Deléglise condamne les tweets de sa colistière. Marine Le Pen a quant elle parlé de propos «extrêmement maladroits, imprudents» et d’«amalgame»: «On lui a fait comprendre qu’elle était allée trop loin, elle l’a reconnu», a affirmé aujourd’hui la présidente du FN lors d’une conférence de presse, ajoutant que la candidate est «investie par le Siel» et que son exclusion ne relève pas du Front national.

Louis Aliot a lui fustigé un «piège du Front de Gauche qui attend que les candidatures soient publiées pour lancer ce genre de choses». Une telle polémique fait en tout cas toujours mauvais effet alors que le parti d’extrême-droite poursuit sa campagne de dédiabolisation à un mois du scrutin. En Aveyron, un militant FN a été placé en garde à vue suite à des propos antisémites, et devrait comparaître rapidement pour provocation à la haine raciale par voie électronique.

Contacté par le journaliste du Huffington Post Geoffroy Clavel, le président du Siel a affirmé que le cas de Chantal Clamer serait porté en Conseil de discipline:

Photo Pamiers Bleu Marine