Le district de Shibuya, un quartier de Tokyo qui compte plus de 200 000 habitants, va peut-être devenir la première autorité locale japonaise à proposer aux couples de même sexe une reconnaissance légale. Présentée début mars à l’assemblée municipale, la mesure pourrait entrer en vigueur dès le début du mois d’avril. Elle permettrait à tout.e.s les résident.e.s du quartier de Shibuya âgé.e.s de plus de vingt ans d’obtenir un certificat de partenariat.

Selon l’agence Jiji Press, les couples de même sexe rencontrent aujourd’hui des difficultés dans certaines situations, dans leur recherche d’un logement, où lorsque l’une des personnes du couple est hospitalisée. En outre, la constitution japonaise établit la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. C’est Ken Hasebe, un des membres de l’assemblée municipale de Shibuya qui a porté cette initiative après avoir découvert l’attention de la société pour les questions autour de l’homosexualité, en raison de plusieurs coming-outs médiatisés au Japon, mais aussi grâce au nombre grandissant d’États aux États-Unis qui ont ouvert le mariage aux couples de même sexe: «Harajuku (ndlr, une partie du district de Shibuya) est mon quartier, là où il y a un grand nombre de personnes LGBT. Shibuya est une communauté internationale, alors il est naturel que nous maintenions un niveau de diversité international.»

La militante LGBT Koyuki Higashi s’était déjà mariée avec sa compagne lors d’une cérémonie symbolique au Disney Resort de Tokyo en 2012. Elle avait réussi à l’époque à obtenir de la direction du parc qu’elle et sa compagne puissent bénéficier de leur mariage de conte de fées au même titre que les couples hétérosexuels. Pour Koyuki Higashi, la mise en place à Shibuya d’un partenariat pour les couples de même sexe pourrait aider à faire progresser le statut des personnes LGBT, même s’il ne s’apparente pas à un véritable contrat de mariage: «Virtuellement nous sommes mariées. Mais sans soutien légal, c’est très difficile de vivre dans cette société. Les préjugés sont encore très ancrés dans la société japonaise. Mais j’espère que cette avancée sera un premier pas pour rendre le Japon plus tolérant envers la diversité.»

Photo Yoshikazu Takada