[mise à jour, 18h25] Précisions de Dominique Ganaye

Au terme d’une rencontre nationale à Nice en janvier, la Fédération LGBT a précisé dans un communiqué paru hier, mardi 17 février, sa position sur l’ouverture du don du sang aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). En 2012, la fédération associative prônait le dialogue avec le gouvernement pour «faire évoluer les critères d’exclusion», a expliqué à Yagg le porte-parole Dominique Ganaye. Devant l’absence d’évolution législative, l’organisation propose aujourd’hui de restreindre le don du sang aux personnes célibataires ou en couple stable, quelle que soit leur orientation sexuelle.

«PAS UNE OUVERTURE À L’AVEUGLE»
À l’heure actuelle, les HSH sont exclus à vie du don du sang. Il suffit d’une relation avec une personne de même sexe pour qu’un gay ou un bisexuel ne puisse donner son sang. Pour les autres, il faut respecter un délai de quatre mois en cas de changement de partenaire sexuel ou si on a eu un.e partenaire occasionnel.le. Les autorités ont justifié cette distinction en s’appuyant sur le taux de prévalence du VIH chez les HSH. Pour la Fédération, «même si certaines associations contestent les chiffres de l’Institut de veille sanitaire», ces chiffres sont importants et appellent à la prudence. Mais la précaution devrait être élargie à toutes les personnes ayant des pratiques à risque pour Dominique Ganaye.

Le porte-parole de la Fédération LGBT propose que le don soit ouvert pour les donneurs/ses en couple qui n’ont pas eu d’autre partenaire que leur partenaire fixe depuis quatre mois. Quant aux célibataires, il faudrait qu’ils n’aient pas eu de relation sexuelle depuis quatre mois. Dans les deux cas, Dominique Ganaye préconise qu’un test de dépistage soit effectué au début et à la fin de cette période. «On ne veut pas d’une ouverture à l’aveugle, mais d’un positionnement intelligent et mesuré. Les HSH sont les seuls chez qui le nombre de contaminations augmente, on ne peut pas en faire abstraction.»

La Cour de justice de l’Union européenne doit encore se prononcer sur la législation française relative au don du sang. Pour l’avocat général, dont les conclusions sont généralement suivies par l’institution, la France doit revoir sa copie.

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