Après avoir dans un premier temps indiqué que Chelsea Manning ne pourrait bénéficier que d’un traitement médical «rudimentaire», l’armée a finalement consenti à autoriser la militaire et prisonnière à recevoir un traitement hormonal, comme elle le demande depuis plusieurs mois. «Après avoir soigneusement considéré les recommandations selon lesquelles [un traitement hormonal] est médicalement approprié et nécessaire, et après avoir évalué les risques, j’ai approuvé l’ajout d’un traitement hormonal au plan de traitement du détenu Manning», a indiqué dans un mémo révélé par USA Today la colonelle Erica Nelson, la responsable de l’établissement pénitentiaire militaire dans laquelle est retenue Chelsea Manning.

INTERDICTION DE SE COIFFER «COMME UNE FEMME»
Condamnée à 35 ans de prison pour avoir brisé le secret militaire et transmis des informations au réseau Wikileaks, Chelsea Manning a fait son coming-out trans’ en août 2013. Depuis, elle se bat pour faire reconnaître ses droits au sein de l’armée. Une mission difficile puisque le droit américain interdit aux personnes trans’ d’être militaires. Mais la sanction prononcée contre la soldate n’ayant pas provoqué son exclusion, elle doit y rester au moins jusqu’à la fin de sa peine. L’armée a pris acte de la décision de justice reconnaissant le changement de nom de Chelsea Manning (son prénom était auparavant Bradley), mais persiste à considérer officiellement la soldate comme un homme. La colonelle Erica Nelson a en outre précisé que pour éviter de prendre des «risques», elle avait interdit à Chelsea Manning «de s’apprêter les cheveux comme une femme».

Le fait que la soldate dispose aujourd’hui d’un traitement hormonal est exceptionnel, cette mesure étant d’ordinaire réservée aux vétérans de l’armée. Pour Mara Keisling, du National Center for Transgender Equality, refuser à Chelsea Manning de recevoir un traitement hormonal aurait de toute façon été considéré comme une «punition cruelle et inhabituelle». «Si elle avait eu une crise cardiaque, il aurait fallu un traitement pour ça aussi, ça n’a rien de différent», a souligné la militante.

Entre 2001 et 2011, 3177 vétérans de l’armée américaine ont été juridiquement reconnus comme des personnes trans’.

Illustration Alicia Neal