Les États-Unis vont nommer ce mois-ci un envoyé spécial du département d’État chargé de défendre les droits des personnes LBGT à travers le monde.

Je souhaite que la France suive cet exemple et nomme à son tour un.e diplomate spécialiste des questions LGBT au sein du ministère des Affaires étrangères, avec la visibilité politique nécessaire pour mettre en valeur l’engagement de la France dans la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Si l’action de la France dans ce domaine est déjà très volontariste, que ce soit par le travail de sa délégation à l’ONU ou les actions du ministère des Affaires étrangères, une telle nomination serait un signal fort sur la détermination de la France en la matière.

Certes, ni les États-Unis ni la France ne sont irréprochables en matière de droits des personnes LGBT, et ce combat doit et va continuer dans nos pays. Nommer un ambassadeur avec une mission claire ne pourra que renforcer la légitimité de la lutte pour la reconnaissance pleine et entière des droits des personnes LGBT dans nos pays.

Aux États-Unis, il a fallu attendre 2011 pour que Barack Obama permette la reconnaissance des homosexuels dans l’armée américaine, et déclare inconstitutionnelle la partie du «Defense of Marriage Act» restreignant le mariage au niveau fédéral aux couples hétérosexuels (inconstitutionnalité validée par la Cour Suprême en 2013). Depuis, l’ouverture du mariage avance à pas de géant aux États-Unis après des décennies de débats hystériques, puisqu’il est maintenant légal dans 37 États sur 50 et qu’une décision de la Cour Suprême est attendue pour le mois de juin.

EN FRANCE, NOUS DEVONS ENCORE PROGRESSER
En France, si le mariage pour tous est devenu un droit depuis bientôt deux ans, et que l’homoparentalité est aujourd’hui bien acceptée par une majorité de Français, nous devons encore progresser, notamment sur l’accès à la PMA pour les couples de lesbiennes, et sur le droit des personnes trans’ quasiment inexistant aujourd’hui.

Malgré ce chemin qui reste à parcourir dans nos pays respectifs, la France et les États-Unis sont les deux seuls pays au monde à assumer pleinement leur responsabilité morale à promouvoir et défendre les valeurs universelles des Droits de l’Homme à travers le monde. Il serait bon que la France prenne toute sa place, aux côtés des États-Unis, à l’avant-garde de la défense des personnes LGBT à travers le monde, au moment où on observe une recrudescence des persécutions des personnes LGBT et des campagnes homophobes et transphobes, souvent organisées par des États, ou tout au moins tolérées par des gouvernements, y compris en Europe comme le récent exemple slovaque vient de le démontrer.

Photo Philippe Grangeaud