Dans Souffre-Douleurs, ils se manifestent, le documentaire d’Andréa Rawlins-Gaston, qui sera diffusé ce soir sur France 2, six jeunes victimes de harcèlement scolaire ont accepté de témoigner. Certain.e.s sont tout juste sortis du calvaire, commencent tout juste à se reconstruire, d’autres ont plus de recul et analysent finement comment ils et elles se sont retrouvé.e.s seul.e.s face à leurs bourreaux. Leur vécu à chacun.e aide à comprendre l’ampleur du phénomène, qui touchent des milliers d’enfants et de jeunes, issu.e.s de tous les milieux sociaux. Leurs histoires permettent de saisir leurs stratégies pour échapper à leurs harceleurs (se faire invisible, éviter la cour de récréation, passer son temps au CDI), qui du même coup les soustraient aussi à la vigilance du personnel enseignant. Certain.e.s dénoncent cependant une vraie omerta dans des établissements où des principaux de collèges ferment sciemment les yeux devant des agissements qui mettent en danger des élèves.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur France 2 – Infrarouge: Extrait: SOUFFRE DOULEURS ils se manifestent – RV mardi 10.02 en deuxième partie de soirée

Les victimes décryptent aussi le phénomène de l’effet de groupe, car souvent le harcèlement est le fait de quelques personnes, mais qui, plus influentes et plus populaires, parviennent à entraîner d’autres enfants qui reproduisent ces comportements. En outre, l’histoire de ces six jeunes montrent aussi comment les réseaux sociaux ont permis au harcèlement scolaire de sortir du cadre de l’école et de toucher les enfants jusque dans leurs foyers, faisant souvent tomber le dernier rempart qui leur restait pour échapper aux insultes et aux moqueries. Mais certains enfants ne sont plus là pour témoigner de leur calvaire: Matteo s’est suicidé à 13 ans, parce qu’il ne supportait plus les insultes et les coups de ses camarades qui s’en prenaient à lui parce qu’il était roux. Ses parents ont accepté de raconter son histoire, au même titre que la mère de Marion, une enfant qui au même âge a mis fin à ses jours. En tant que parents anéantis par la mort de leur fille ou de leur fils mais déterminés à lutter contre le harcèlement, leurs témoignages montrent le manque de réactivité, mais aussi de moyens qu’a l’école pour apporter des réponses et des solutions aux victimes.

L’HOMOPHOBIE, UNE DES FACETTES DU HARCÈLEMENT
Parmi les six jeunes témoins, il y a Lucas. Ouvertement gay, le jeune homme a subi brimades, insultes et coups dans l’indifférence totale du personnel de son lycée. C’est sa mère, qui face au déni du proviseur, a pris les choses en main, et a contacté les médias pour briser le silence autour du harcèlement que vivait Lucas. En juin 2013, c’est en une du Pays d’Auge, un journal local du Calvados qu’il apparait sous le titre: Homophobie: la souffrance de Lucas. A visage découvert, juste après les débats autour du mariage pour tous, il a levé un tabou. Cette médiatisation, Lucas affirme l’avoir finalement vécue comme un soulagement, car elle a fait cesser le harcèlement homophobe qu’il subissait: «Ils ont compris que ce n’était pas une honte d’être homo et que je n’avais pas peur de montrer que je le suis. Que c’est eux qui devraient avoir honte de ce qu’ils ont fait.»

LE GOUVERNEMENT VEUT AGIR
La ministre de l’Education Najat Vallaud Belkacem a annoncé la mise en place de plusieurs mesures, avec par exemple des formations à destination des enseignant.e.s et des directeurs/trices d’établissements pour mieux détecter les cas de harcèlement, ou encore des cours d’éducation au numérique pour les élèves pour faire prendre conscience des dangers que présentent les réseaux sociaux:

LES OUTILS PROPOSÉS PAR FRANCE TÉLÉVISIONS
Tout comme avec le documentaire Homos la haine, France Télévisions cherche à générer une véritable prise de conscience avec Souffre-Douleurs, ils se manifestent et a lancé une plateforme de témoignages et de ressources pour comprendre le phénomène. La plateforme contient en outre un manifeste que les victimes ou les parents sont invité.e.s à signer. Lors de la diffusion ce soir à 22h20 sur France 2, les spectateurs et spectatrices sont invité.e.s à commenter le documentaire sur les réseaux sociaux via les hashtags #infrarouge et #harcelementscolaire. Souffre douleurs est déjà visible en ligne.