Mardi 3 février, les images d’un baiser entre deux hommes étaient diffusées pour la première fois à l’antenne en Angola. Il s’agissait d’une scène de la série Jikulumessu diffusée sur la chaîne TPA 1. Même si l’émission est populaire, la scène a provoqué de vives réactions auprès du public, poussant la chaîne à interrompre la diffusion quotidienne du programme.

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LA PRODUCTION S’EXCUSE… ET VEUT CORRIGER CERTAINS ASPECTS DE LA SÉRIE
Dans la foulée, la production, Semba Comunicacao, a réagi dans un communiqué de presse, rappelant que Jikulumessu aborde différents sujets, «avec une attention particulière à la violence chez les jeunes, la délinquance, la corruption, la polygamie, l’homosexualité et la prostitution, afin d’attirer l’attention sur leur existence et encourager un débat sain»:

«Ce débat a pour but de favoriser le dialogue dans la société sur la tolérance et le respect de tous les groupes sociaux, tels que consacrés dans la Constitution de la République. Il repose aussi sur la conviction qu’il n’y a pas de choc entre les traditions d’un pays et l’esprit de respect et de tolérance qui sont les fondements d’une société démocratique. Le respect de l’égalité dans la différence fait partie de cet esprit.»

Cependant, cette volonté de favoriser le débat et de créer des échanges autour de certaines thématiques a des limites: «Nous reconnaissons, toutefois, que certaines images envoyées peuvent blesser et certaines personnes peuvent les avoir considérées comme inappropriées. Le mépris et l’insulte n’ont jamais été notre but. Par conséquent, nous nous excusons sincèrement à tous ceux qui se sentent offensés. Nous prenons la décision d’apporter des corrections dans la représentation d’un contenu plus sensible pour s’assurer que l’approche dans Jikulumessu conserve la valeur pédagogique initialement prévue.»

Pour Pedro Hossi, l’un des comédiens de cette fameuse scène, parler de l’homosexualité est primordial pour casser les tabous. Il considère d’ailleurs ce rôle «comme un cadeau»: «Du point de vue de la création, il est extrêmement intéressant pour des raisons différentes. Je ne suis pas homosexuel, si c’était le cas, par l’éducation que j’ai eue, je n’aurais aucun problème à l’assumer. Mais je sais que pour la majorité des homosexuels en Angola ce n’est pas exactement ainsi.» La loi angolaise, un héritage de la colonisation portugaise, criminalise toujours l’homosexualité, en tant qu’«offense à l’ordre moral». Il existe néanmoins une communauté LGBT plus ou moins tolérée par la société.