Visuel RVBC’est sous le thème «Femmes Femmes», que les 15e Journées cinématographiques dionysiennes débutent aujourd’hui au cinéma L’Écran à Saint-Denis, en région parisienne. Au programme, la présence de l’écrivaine et réalisatrice Virginie Despentes, qui viendra entre autres présenter ses propres œuvres (les films Baise-moi, Mutantes et Bye Bye Blondie, ainsi que son dernier roman Vernon Subutex), Agnès Varda qui présentera deux de ses films et animera une master class, mais aussi l’avocate Gisèle Halimi et l’actrice Anouk Grinberg. Le festival rendra cette année hommage à la réalisatrice et scénariste italienne Lina Wertmüller, ainsi qu’au cinéaste et producteur français Paul Vecchiali (qui vient de sortir Nuits blanches sur la jetée), et proposera de nombreuses tables rondes et rencontres, ainsi qu’une nuit Rape and Revenge et un ciné-concert. Pour le directeur de l’Écran, Boris Spire, il s’agit avec cet événement «d’approcher une histoire de la condition féminine vue par le cinéma, celle d’un combat incessant contre un ordre moral, social et sexuel imposé depuis l’aube de l’humanité d’une longue marche loin d’être achevée».

Dans une tribune publiée en introduction de la programmation de cette quinzaine, Virginie Despentes donne le ton en rappelant à quel point le septième art se conjugue majoritairement au masculin: «Le cinéma est une industrie qui n’est pas interdite aux femmes. Mais c’est une industrie inventée, manipulée et contrôlée par des hommes. Il suffira pour s’en convaincre de s’intéresser au genre des producteurs de films grand public, des responsables du financement cinéma dans les chaînes télé, des directeurs des grands réseaux de distribution, des directeurs des grands festivals de cinéma, des programmateurs de salle, des critiques cinéma ou des réalisateurs primés dans les grandes compétitions.» Plus loin, elle prend l’exemple du fameux test de Bechdel, qui sert d’évaluation à la représentation des personnages féminins dans un film: «Le test Bechdel ne prétend pas déterminer si un film est féministe, ni juger de sa qualité. Il n’évalue que cette chose simple: y a-t-il deux femmes qui se parlent d’autre chose que d’un homme? Là où le test se révèle vraiment intéressant, c’est que la grande majorité des films ne le passe pas. […] Que nous dit au juste le test Bechdel sur le message que les hommes de pouvoir du septième art pensent qu’il est important de faire passer sur la féminité? Que les femmes entre elles, ce n’est pas intéressant. Que les femmes ne valent la peine d’être représentées que dans leur rapport aux hommes. Ni à l’amitié, ni au travail, ni à l’action, ni à l’humour, ni à la métaphysique… aux hommes, et c’est tout.»

Voir le programme du festival.

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