Quand on demande à Denis Philippe comment lui est venue l’idée de cette séance de cinéma gay à l’Athénée, le cinéma de Lunel, c’est avec malice qu’il répond: «C’est parce que je suis un peu fou!» Établi plusieurs années dans cette ville de 25000 habitant.e.s située dans l’Hérault, ce restaurateur a lancé en ce début d’année un «ciné gay» pour faire connaître la culture homo au grand public. Ancien comptable de la librairie Les Mots à la Bouche et marié depuis un an avec son compagnon cubain, Denis Philippe est déjà à l’origine des projections chaque mois des grands opéras au Royal Opera House de Londres.

C’est en découvrant autour de lui une méconnaissance totale de la culture gay que ce sexagénaire a voulu initier le public hétéro. Une méconnaissance, mais surtout une assimilation constante à la pornographie: «La littérature, les revues, tout ça, les gens n’y connaissent rien!» s’agace-t-il. D’où sa proposition à l’Athénée d’organiser un mardi par mois la projection d’un film gay ou lesbien, dont la première séance a eu lieu le 13 janvier, avec le film vénézuélien Tout n’est pas rose. A sa grande satisfaction, son initiative n’a rencontré aucune réticence, ni de la part du cinéma de Lunel, ni du public. «J’ai reçu des mails de personnes qui ne sont pas venues, mais qui en ont entendu parler et qui veulent savoir quand aura lieu la prochaine, s’enthousiasme-t-il. Et puis la presse locale nous suit pas mal. Donc je suis agréablement surpris.»

BIENTÔT UNE SEMAINE GAY?
Denis Philippe ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin, car outre la préparation des prochaines séances, il aimerait aussi faire une semaine gay, une sorte de mini-festival, pour toujours faire découvrir plus d’œuvres homos, au public de Lunel et rassembler un public toujours plus divers au cinéma: Faire venir des hétéros, des homos, des jeunes et des moins jeunes, tout comme il le fait déjà dans son restaurant hétéro friendly, L’Entracte.
Quel serait son conseil à une personne souhaitant elle aussi lancer une thématique LGBT dans son cinéma? «Il faut se bouger, ne pas avoir peur, martèle-t-il, il faut avoir confiance, et montrer qu’être homo, c’est être comme tout le monde.»

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